"Little Bird" : l'enfance en plein vol dans la lignée d'un Ken Loach

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 22/11/2012 à 16H20
Rick Lens dans "Little Bird" de Boudewijn Koole

Rick Lens dans "Little Bird" de Boudewijn Koole

© Les Films du Préau

Dès que l'on évoque la relation entre un enfant et un oiseau, l'on pense à "Kes", l'un des premiers films de Ken Loach, sur l'amitié entre un garçon et un faucon. le néerlandais Boudewijn Koole actualise complètement le sujet avec tact et sensibilité dans ce beau premier film.

De Boudewijn Koole (Pays-Bas), avec : Rick Lens, Ricky Koole, Loek Peters -1h21 - Sortie : 21 novembre

Synopsis : Jojo, dix ans, est souvent livré à lui-même. Entre une mère absente et un père qui perd pied, il trouve secrètement un peu de réconfort auprès d’un choucas tombé du nid. Ce petit oiseau, pourtant plus fragile que lui, va lui donner la force d’affronter la réalité...
 

L’ombre de Kes
Dans « Kes », Billy, 12 ans, enfant solitaire, délaissé par ses parents et souffre-douleur de son frère aîné se réfugiait dans le dressage amoureux d’un faucon. Dans « Little Bird », Jojo vit avec un père à la dérive, en souffrance suite à l’absence de son épouse et se reconstruit après avoir recueilli un choucas. Ces histoires animalières ont également en commun un fond social fort, avec au cœur du récit, l’enfance. Une enfance douloureuse qui survit grâce à la relation avec l’animal. Des points communs qui ne font pas pour autant de « Little Bird » la copie conforme de « Kes ».

Pas facile pourtant de se démarquer du très beau film de Ken Loach. Boudewijn Koole, derrière la caméra, y parvient en développant une charge émotionnelle équivalente, ce qui a valu au film de remporter à Berlin le Prix du meilleur premier film. Un récit sensible et touchant avec un gamin formidable (Rick Lens) en manque d’une mère adulée, chanteuse, dont on nous dit qu’elle est en tournée. Mais on devine que la réalité est tout autre…

Rick Lens et Susan Radder dans "Little Bird" de Boudewijn Koole

Rick Lens et Susan Radder dans "Little Bird" de Boudewijn Koole

© Les Films du Préau

La perte de l’enfance
Jojo n’est pas seul pour autant. Son Choucas va lui permettre de rencontrer une fillette de son âge, la très craquante Yenthe (Susan Radder), avec son éternel chewing-gum bleu en bouche. Les plus beaux moments du film leurs sont dédiés, avec leurs courses dans les hautes herbes que surplombent le vol de l’oiseau, expression de la liberté propre à l’enfance, comme les dernières flèches d’un temps rêvé avant de se faire rattraper par l’âge adulte.

Il arrivera bien assez tôt et son annonce sera brutale en s’incarnant dans la perte, expérience initiatique de la maturation. Boudewijn Koole fait passer le message avec tact comme s’il avait vécu cette expérience. Le cinéaste ne cache pas d’ailleurs avoir mis une bonne dose autobiographique dans son film. « Little Bird », au récit universel, touchera les parents comme les enfants avec intelligence et sensibilité, au-delà de toute sensiblerie volatile.