"Les Visiteurs - la Révolution" : conventionnel

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Publié le 07/04/2016 à 10H36
Christian Clavier et Jean Reno dans "Les Visiteurs - la Révolution" de Jean-Marie Poiré

Christian Clavier et Jean Reno dans "Les Visiteurs - la Révolution" de Jean-Marie Poiré

© Nicolas Schul © 2016 GAUMONT / OUILLE PRODUCTIONS / TF1 FILMS PRODUCTION / NEXUS FACTORY / OKKO PRODUCTION

Quatrième film de la franchise "Les Visiteurs", "La Révolution" ne bouscule guère les conventions établies dans les premiers opus, surfant essentiellement sur les anachronismes. Surprise toutefois dans le casting particulièrement prestigieux, outre Jean Réno et Christian Clavier qui reprennent leur rôle : Franck Dubosc, Sylvie Testut, Karin Viard…

La note Culturebox

2
2/5
Jusqu’ici tout va bien
Logiquement à la fin du troisième film, Godefroy (Réno) et Jacqouille (Clavier) se retrouvent en pleine Révolution Française, comme annoncé. Ils débarquent en 1793, au pire moment de la Terreur. De ce point de vue, Jean-Marie Poiré, à la réalisation, peaufine son image avec une belle lumière et de beaux costumes, la reconstitution historique étant globalement réussie. Si ce n’était la présence de quelques immeubles haussmanniens aux toits de zinc anachroniques.
"Les Visiteurs - la Révolution" : la bande annonce

Les personnages, désormais bien installés, sont égaux à eux-mêmes. L’on retrouve la noblesse ostentatoire de Godefroy de Montmirail et la franche vulgarité de Jacqouille la Fripouille, dont le langage, fleuri de formules toutes médiévales, les distingue de leurs interlocuteurs. Réno fait toujours effet de sa prestance, Clavier, de sa roublardise. Les autres acteurs - Franck Dubosc, Karin Viard, Sylvie Testut, Marie-Anne Chazel, Ary Abittan, Alex Lutz - s’insérent à loisir dans le paysage.Tous avec un cabotinage assumé, en phase avec le ton de comédie loufoque.

Renouvellement décapité

Si l’image et l’interprétation fonctionnent, le potentiel comique est plus limité, dans les situations et les dialogues. Clavier et Poiré, à l’écriture, avaient pourtant les coudées franches, mais ils sont restés dans les codes instaurés, sans en départir, comme des dilettantes. Tirer toujours sur les mêmes cordes supprime toute surprise, moteur essentiel de la comédie. On n’append pourtant pas à des vieux singes, comme Clavier et Poiré, à faire des grimaces. Le rythme, indispensable au genre, est, lui, maintenu, pour un film d’une durée d’1h50.

Karin Viard, Alex Lutz et Franck Dubosc dans "Les Visiteurs - la Révolution" de Jean-Marie Poiré

Karin Viard, Alex Lutz et Franck Dubosc dans "Les Visiteurs - la Révolution" de Jean-Marie Poiré

© Nicolas Schul © 2016 GAUMONT / OUILLE PRODUCTIONS / TF1 FILMS PRODUCTION / NEXUS FACTORY / OKKO PRODUCTION

L’on ne s’ennuie pourtant pas, et l’impression de passer un bon moment, léger, subsiste. Manque le grain de folie qui aurait fait décoller le film. D’ailleurs, la salle ne rit guère. Essentiellement en raison de la faiblesse de l'écriture. Cette lacune vient sans doute de la crainte de ne pas répondre aux attentes du public qui n’aime rien tant que de retrouver ses marques. Passable.


La fiche film
Comédie de Jean-Marie Poiré - France – Avec : Christian Clavier, Jean Réno, Franck Dubosc, Karin Viard, Sylvie Testut, Marie-Anne Chazel, Ary Abittan, Alex Lutz – Durée : 1h50 – Sortie : 6 avril 2016
Synopsis : Bloqués dans les couloirs du temps, Godefroy de Montmirail et son fidèle serviteur Jacquouille sont projetés dans une époque de profonds bouleversements politiques et sociaux : la Révolution Française... Plus précisément, la Terreur, période de grands dangers pendant laquelle les descendants de Jacquouille La Fripouille, révolutionnaires convaincus, confisquent le château et tous les biens des descendants de Godefroy de Montmirail, aristocrates arrogants en fuite dont la vie ne tient qu'à un fil.