"Les Têtes de l'emploi", radiées des effectifs

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 16/11/2016 à 08H31, publié le 14/11/2016 à 16H26
Elsa Zylberstein, Franck Dubosc, François-Xavier Demaison dans "La Tête de l'emploi" de Alexandre Charl et, Franck Magnier

Elsa Zylberstein, Franck Dubosc, François-Xavier Demaison dans "La Tête de l'emploi" de Alexandre Charl et, Franck Magnier

© Thierry Valletoux

Aux vues des trois films qu’ils ont signés ensemble, "Imogène McCartney", "Boule et Bill" et désormais "Les Têtes de l’emploi", Alexandre Charlot et Franck Magnier ont le chic de passer à côté de comédies aux castings en or, avec Catherine Frot, Lambert Wilson, Marina Foïs et Franck Dubosc, ce dernier récidivant aux côtés d’Elsa Zylberstein et François Xavier Demaison dans leur dernier opus.

La note Culturebox

1
1/5

Excès

Sur le papier tout roule. Trois auxiliaires de l’Agence pour l’emploi, ersatz de Pôle emploi, perdent leur job pour excès de zèle à radier les chômeurs des statistiques. Une situation paradoxale, donc au potentiel humoristique fort, d’autant que les trois compères décident de créer des demandeurs d’emploi pour retrouver leur poste. Les acteurs ont, eux aussi, la tête de l’emploi : Franck Dubosc en cadre psychorigide, Elsa Zylberstein, en collègue délurée, et François-Xavier Demaison en employé modèle. A l’écran : une comédie qui tombe à l’eau.
"Les Têtes de l'emploi" : la bande annonce

La faute en incombe à une outrance de tous les instants, tant dans les situations que dans le jeu des comédiens. Une outrance au carré qui coupe les ailes à une bonne idée de départ. Comme le dit l’adage, tout ce qui est excessif est insignifiant.

Bourdon

La mise en scène se limite à cadrer les protagonistes dans des décors middle class et professionnels, aux non-couleurs moroses qui donnent le bourdon. Le tout dans un format scope contradictoire à leur existence étriquée. A moins que cela ne soit dû à l’ambition de donner de l’envergure à une saga sociale, à laquelle ils pourraient, après tout, avoir droit.

Elsa Zylberstein, Franck Dubosc, François-Xavier Demaison dans "La Tête de l'emploi" de Alexandre Charlo et Franck Magnier

Elsa Zylberstein, Franck Dubosc, François-Xavier Demaison dans "La Tête de l'emploi" de Alexandre Charlo et Franck Magnier

© Thierry Valletoux

En parallèle à leurs déboires professionnels, Alexandre Charlot et Franck Magnier tentent de donner de l’épaisseur à leurs personnages en s’attardant sur leur milieu familial qui tourne au désastre, jusqu’à ce que leur esprit de solidarité les tire du mauvais pas. Ce qui pourrait donner lieu à une évolution des caractères, est comme tout le reste plaqué, écrit à la va comme j’te pousse et mal articulé. Il ne reste pas grand-chose à sauver de ce potentiel satyrique en phase avec le cadre socio-culturel ambiant, mais qui n’a décidément pas la tête de l’emploi.

"La Tête de l'emploi" : l'affiche

"La Tête de l'emploi" : l'affiche

© Europacorp Distribution

LA FICHE

Comédie de Alexandre Charlot et Franck Magnier (France) - Avec  Franck Dubosc, Elsa Zylberstein, François-Xavier Demaison, Nicolas Vaude, Patrick Bouchitey - Durée : 1h30 - Sortie : 16 novembre 2016

Synopsis : Stéphane, Cathy et Thierry sont les meilleurs employés de l'Agence pour l'Emploi de leur ville. Mais leurs résultats sont tellement bons que l'agence va devoir fermer faute de chômeurs ! Les trois collègues ont alors la folle idée de créer du chômage pour sauver leur poste.