"Les Enfants du paradis" : sublime restauration d'un chef-d'oeuvre

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 23/10/2012 à 15H17
"Les Enfants du paradis" de Marcel Carné

"Les Enfants du paradis" de Marcel Carné

© Pathé Distribution

Souvent considéré comme l’un des plus grands films français, "Les Enfants du paradis" est le résultat d'une alchimie née de tous les artistes qui y ont participé : Carné, Prévert, Arletty, Barrault, Brasseur, Trauner, Kosma... un générique inégalé depuis. Cette reprise a fait l’objet d’une restauration en numérique minutieuse donnant accès, dans toute leur beauté d’origine, à des images, des répliques et une musique sublimes.

De Marcel Carné (France, 1945), avec : Arletty, Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, Pierre Renoir, María Casares,  Marcel Herrand - 3h00 - Reprise : 24 octobe

Synopsis : Paris, 1828, boulevard du Crime : au milieu de la foule, le mime Baptiste Deburau, par son témoignage muet, sauve Garance d'une erreur judiciaire. C'est le début des amours contrariées de Garance, femme libre et audacieuse, et de Baptiste qu'elle intimide.

De Marcel Carné (France, 1945), avec : Arletty, Jean-Louis Barrault, Pierre Brasseur, Pierre Renoir, María Casares,  Marcel Herrand - 3h00 - Reprise : 24 octobe   Lire la critique

Un sommet de l'art français
Pas facile de revenir sur un film qui a suscité tant d’éloges, en France comme à l’étranger. Projet pharaonique lancé en pleine Occupation, en 1943, le film ne se retrouvera sur les écrans qu’au tout début la Libération, en 1945, deux ans plus tard. Il est né de la rencontre entre Carné, Prévert et Barrault, autour d’un verre, en Provence, le comédien racontant au metteur en scène et au scénariste/dialoguiste, l’histoire du célèbre mime Deburau dans le Paris romantique des années 1830.

« Les Enfants du paradis » s’identifie désormais, et depuis sa sortie, à la quintessence de ce qui pourrait être un art spécifiquement français, où la dramaturgie le dispute à l’Histoire et l’Histoire à l’évocation du quotidien.  L’ouverture du film sur un rideau de scène, la reconstitution spectaculaire du boulevard du Crime (où était réunis les théâtres parisiens), les personnages, pour la plupart comédiens, le titre même du film renvoient au monde du théâtre pris à un instant « T », mis équation avec des figures issues du petit peuple de Paris.

Jean-Louis Barrault est Jean-Baptiste Deburau en Pierrot

Jean-Louis Barrault est Jean-Baptiste Deburau en Pierrot

© Pathé Distribution

Une restauration complexe
Le thème du théâtre qui habite tout le film croise celui du Paris populaire dont Prévert, auteur du scénario et des dialogues, s’est fait le chantre. Les merveilleux décors d’Alexandre Trauner et Léon Barsacq, du boulevard du Temple, aux scènes de théâtre, des fortifications au luxueux hôtel particulier du conte Edouard de Montray ; les costumes d’Antoine Mayo, participent de tableaux d’une poésie visuelle rarement égalée, sous les éclairages de Roger Hubert.

Après 70 ans de carrière, « Les Enfants du paradis » étaient mal en point. Le négatif original fortement endommagé, aux multiples griffures et rayures, traces d’humidité importantes, poussières, images manquantes, perforations déchirées…, mais aussi la bande son détériorée, ont fait l’objet d’un complexe travail de restauration pris en charge par plusieurs laboratoires, tant français qu’étrangers. Chaque image a été numérisée selon le procédé 4K, le plus performant en terme de résolution pour restituer la magnificence d’images inoubliables et de dialogues écrits comme des poèmes. Magique.