"Les crimes de Snowtown" : meurtres à l’australienne

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 28/12/2011 à 13H38
Lucas Pittaway dans "Les Crimes de Snowtown" de Justin Kurzel

Lucas Pittaway dans "Les Crimes de Snowtown" de Justin Kurzel

© Arp Sélection

De Justin Kurzel (Australie), avec : Lucas Pittaway, Daniel Henshall, Louise Harris - 2h00 - Sortie : 28 décembre

Jamie, 16 ans, vit avec sa mère, dans une banlieue où règne chômage et abus sexuels. Sa vie change lorsque John Bunting débarque dans leurs vies. Charismatique, passionnant, Jamie l’admire comme le père qu’il n’a pas connu. Il mettra du temps à comprendre que son mentor est un tueur en série, le plus dangereux qu’ait connu l’Australie…
 

De Justin Kurzel (Australie), avec : Lucas Pittaway, Daniel Henshall, Louise Harris - 2h00 - Sortie : 28 décembre   Lire la critique

Les films australiens recèlent souvent une étrangeté prégnantes. Le premier film de Justin Kurzel, projeté à la Semaine de la critique au dernier festival de Cannes, n’y déroge pas. Adapté d’un fait divers qui a vu l’assassinat de onze personnes entre 1992 et 1999, le film dégage une impression de malaise teinté d’un naturalisme crasse.

Histoire du pire tueur en série d’Australie, Les crimes de Snowtown retrace le parcours de John Bunting. Son apparence débonnaire le fit rapidement accepter dans la petite bourgade située à 45 kilomètres d’Adélaïde. Tant qu’il entraîna dans sa folie meurtrière deux autres personnes et un complice qui s’en prenaient aux pédophiles et homosexuels auxquels il faisaient subir des supplices atroces avant de les occire.

Daniel Henshall dans "Les Crimes de Snowtown" de Justin Kurzel

Daniel Henshall dans "Les Crimes de Snowtown" de Justin Kurzel

© Arp Sélection

Ce fait divers sordide prend place dans un contexte social à la dérive, où le chômage conduit au désœuvrement, dont découlent les dérives violentes, et abus sexuels de tous bords. Justin Kurzel s’attarde sur cet environnement pestilentiel en accumulant les détails nauséeux, où les maisons sont des bauges infectes, pour devenir le théâtre d’actes abjectes. Tel le viol d’un garçon de 16 ans par son frère aîné, ou les séances de photos déshabillées que pratique un voisin avec les enfants de son quartier. Un crescendo de l’horreur qui finit dans des actes de torture et de meurtre.

Justin Kurzel n’en signe pas pour autant un film gore, ou un thriller à la Seven. Les meurtres sont éclipsés, sauf l’un d’entre eux, dont il ne nous dispense d’aucun détail. Il privilégie une temporalité languissante d’où suinte un ennuie poisseux avec des personnages dénués d’une once d’humanité ou d’une passivité qui frise la complaisance. Ambiance.