Le match des films politiques : Gourmet surpasse Clooney

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 03/11/2011 à 18H17
Olivier Gourmet et Zabou Breitman dans "L'exercice de l'Etat"

Olivier Gourmet et Zabou Breitman dans "L'exercice de l'Etat"

© Diaphana Films

Dans les salles actuellement, deux films nous plongent dans les coulisses de la vie politique. La primaire démocrate américaine, avec "Les marches du pouvoir" de Georges Clooney et la vie quotidienne au Ministère des transports pour "L'exercice de l'Etat" de Pierre Schoeller. Et c'est ce dernier qui se révèle, de loin, le plus passionnant.

Sur le papier, on peut s'interroger. Est-il raisonnable de consacrer sa soirée à un film qui nous promène dans un ministère français de moyenne envergure (les transports), et dont les héros sont un ministre sans grand charisme, son directeur de cabinet, son conseiller et son attachée de presse... La réponse est oui, mille fois oui.

 

Le regard de Pierre Schoeller est extrêmement subtil. Le cynisme ambiant, la guerre des ambitions, le tourbillon de l'actualité mais aussi, parfois, l'abnégation, le sens de l'Etat... Il y a tout ça. Sans manichéisme. Tout ceux qui ont pu approcher le cortège d'un politicien en tournée retrouveront les tics, les comportements de cet univers sans pitié. "L'exercice de l'Etat" vaut tous les documentaires sur le sujet. C'est un film haletant et brillant, une réussite totale, servie par des acteurs magnifiques : Olivier Gourmet (le ministre), Michel Blanc (le dircab), Zabou Breitman (la conseillère en communication) ou Laurent Stocker (le jeune conseiller). 

 

Voir ensuite le film de Georges Clooney ("Les marches du pouvoir") amène inévitablement à une déception. Les personnages y sont beaucoup plus superficiels, l'intrigue sans grande surprise et la réalisation conventionnelle. Qu'apprend-on chez Clooney ? Que l'homo politicus américain n'est pas rongé par les scrupules, que son staff est prêt à tous les coups tordus pour gagner une primaire... Certes. Mais à vrai dire, on s'en doutait déjà un peu. Comme dans "L'exercice de l'Etat", il est beaucoup question de communication politique, de "spin doctors", et ça se laisse agréablement regarder. Mais, malgré toute la sympathie qu'on peut éprouver pour le réalisateur-acteur américain et son équipe, on sort nettement moins décoiffé de ce film que de celui de Pierre Schoeller. Dans le choc des films politiques de l'automne, c'est la vision française qui l'emporte haut la main !