"La Nuit nomade" : disparition d'un peuple annoncée

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 05/04/2012 à 21H19
"La Nuit nomade" de Marianne Chaud

"La Nuit nomade" de Marianne Chaud

© ZED

Documentaire de Marianne Chaud (France) - 1h40 - Sortie : 4 avril

Synopsis : C’est peut-être la dernière migration pour Tundup, la fin de sa vie nomade sur les hauts plateaux himalayens. Quand les marchands arriveront, Tundup et les siens devront choisir : vendre leur troupeau, abandonner leurs terres et partir à la ville comme tant d’autres avant eux, ou rester au Karnak. Où seront-ils le plus heureux ?
 

L'arrachement à la terre
Si l’on parle souvent de la disparition d’espèces animales qui ont fait l’objet de nombreux documentaires, celle de peuples, d’ethnies ou de modes de vie est paradoxalement (?) plus rare.  C’est tout le sujet de « La Nuit nomade » de Marianne Chaud qui a filmé durant de long mois sur les plateaux himalayens les derniers éleveurs nomades.

Tourné au plus près de ces ultimes parias attachés à leur terre rude et aimée, à leurs chèvres qui portent toutes un nom, « La Nuit nomade » tourne autour d’une question qu’ils se posent chaque année : partir ou pas ? Ils ne sont plus qu’une poignée de famille à résister, parcourant un paysage lunaire au pied de l’Himalaya, dans une éternelle transhumance, ouverte à tous les vents, aux conditions climatiques les plus rudes.

"La Nuit nomade" de Marianne Chaud

"La Nuit nomade" de Marianne Chaud

© ZED

Mondialisation
L’attachement à la terre, aux bêtes, est aussi celui à la liberté. Ce que résume Tundup, le vétéran de cette communauté, quand il se projette dans la ville lorsqu’il aura quitté son pays.  Son sort ? Devenir maçon comme ses congénères partis avant lui, s’enfermer dans un non espace dans lequel il n’a aucune racine, gagner moins d’argent, être un apatride… « A la ville, nous serons maçons, nous serons les serviteurs des autres », dit-il.

Alors pourquoi partir ? Cette tentation vient des jeunes générations attirées par une occidentalisation dont elles ont les échos. Elles en retiennent  la ville, les voitures, le confort, alors qu’ici ils vivent « cette vie de nul ». Un miroir aux alouettes, dont tant, issus des conditions de vie les plus pauvres, s’imaginent qu’ainsi ils s’en sortiront : « J’aimerais que mes enfants deviennent médecins ou professeur » dit Toldan, 30 ans. D’une façon ou d’une autre, leur destin est scellé : la mondialisation atteint les régions les plus reculées, comme en témoigne très justement « La Nuit nomade ».