« La Dame de fer » : Meryl Streep femme de tête

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 14/02/2012 à 18H09
Meryl Streep est "La Dame de fer" de Phyllida Lloyd

Meryl Streep est "La Dame de fer" de Phyllida Lloyd

© Pathé Distribution

De Phyllida Lloyd (Grande-Bretagne/France), avec Meryl Streep, Jim Broadbent, Susan Brown, Alexandra Roach - 1h44 - Sortie : 15 février

Synopsis : Margaret Thatcher, ex-Premier ministre britannique de 1979 à 1990, n'est plus au pouvoir. Elle vit seule, avec quelques domestiques, sous surveillance rapprochée en raison d'une maladie d’Alzheimer qui l'atteint. Son mari vient de mourir et elle décide de faire dont de sa garde robe. Son fantôme vient la visiter et lui fait remonter à la mémoire son parcours politique, de l'adolescente qui suivait son père dans les meetings à son exercice du pouvoir à la tête du gouvernement pendant 11 ans.
 

Film apolitique
Le biopic se porte bien. Cette « Dame de fer » sur la carrière de Margaret Thatcher - Premier ministre britannique de 1979 à 1990 -, le confirme si c’était nécessaire. Et ce n’est pas fini ! Le personnage mérite un tel traitement, surtout quand c’est Meryl Streep qui l’incarne, déjà couronnée d’un Golden Globe et d’un Bafta pour son interprétation remarquable.

Que l’on ne s’y trompe pas, « La Dame de fer » n’est pas un film politique. La réalisatrice Phyllida Lloyd, qui avait déjà dirigé Meryl Streep dans « Mamma Mia » a voulu faire un portrait de femme, dont les convictions et le tempérament la menèrent à devenir la première femme Premier ministre britannique, et à ce jour encore, la seule. Aussi, le film n’est-il pas à charge ou à décharge. Il cerne une femme prise dans le flux de l’Histoire et qui va y laisser une empreinte indélébile. Les grandes phases du parcours politique sont exposées, notamment les grandes grèves des mineurs et la guerre des Malouines, non dans une finalité politique, mais pour démontrer une force de caractère.

Identifiée à Elisabeth Ire
L’angle choisi par le scénariste Abi Morgan de prendre Margaret Thatcher à l’automne de sa vie, alors qu’elle vient de perdre son mari et que la maladie d’Alzheimer l’atteint, est prétexte à de constants va-et-vient entre passé et présent qui structurent le récit et l’exposé de la carrière d’une femme dont la pugnacité s’enracine dans ses origines modestes (elle était fille d’épicier) et l’image charismatique d’un père qui lui légua ses convictions libérales, pour les imposer au pays. Phyllida Lloyd ne s’en cache pas, elle a voulu humaniser le personnage, notamment dans sa relation avec son mari et en inventant tout ce qui relève de la sphère privée.

Margaret Thatcher identifiée à Elisabeth Ire : Meryl Streep dans "La Dame de fer" de Phyllida Lloyd

Margaret Thatcher identifiée à Elisabeth Ire : Meryl Streep dans "La Dame de fer" de Phyllida Lloyd

© Pathé Distribution

Si les plans privilégient l’image d’une femme isolée au milieu d’hommes, ce n’est pas tant son sexe qui est pointé comme un handicap pour s’imposer dans la sphère politique, que ses origines modestes. Aussi, « La Dame de fer », surnom que lui avaient donné les dirigeants soviétiques, souligne cette différence de classe, plus inédite dans l’accès aux hautes sphères du pouvoir, que le fait qu’il s’agisse d’une femme. Margaret Thatcher n’est de ce fait pas sans rappeler la figure emblématique d’Elisabeth Ire qui remit le pays à flot au XVIIe siècle avec une rigueur implacable. Le dernier plan du film opère sans détour cette identification, ou Margaret Thatcher/Meryl Streep revêt un costume tout en références à la reine vierge, tant dans sa toilette que sa coiffure.