"L'Origine de la violence" : secret de famille et conséquences

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 25/05/2016 à 21H28, publié le 25/05/2016 à 18H05
 Richard Berry et Stanley Weber dans "L'Origine de la violence" d'Elie Chouraqui

 Richard Berry et Stanley Weber dans "L'Origine de la violence" d'Elie Chouraqui

© L'Origine Productions

Réalisateur régulier et éclectique, alternant comédie ("Paroles et musique"), thriller ("Man on Fire") en passant par le drame ("Ô Jérusalem"), Elie Chouraqui adapte le roman éponyme de Fabrice Humbert, "L'Origine de la violence". L'écrivain a par ailleurs coécrit le scénario avec le cinéaste, également producteur. C'est dire si le film lui tient à cœur, en le gratifiant d'une belle distribution.

La note Culturebox

3
3/5

Deux générations

Elie Chouraqui avait pris une option sur le roman de Fabrice Humbert avant même sa publication en 2009, en se fiant à un critique littéraire. En effet, le sujet est puissant : la découverte d'un secret de famille ancré dans la Seconde Guerre mondiale et la Shoah. Dérangeant. Mais le réalisateur ne traite pas tant de l'extermination des Juifs par les nazis. C'est une toile de fond, prétexte à discours plus universel sur les non-dits et tabous familiaux, sources de traumas pernicieux.
L'Origine de la violence : la bande annonce
La distribution mixe judicieusement comédiens aguerris (Richard Berry, Michel Bouquet, Catherine Samie, Didier Bezace) et acteurs moins confirmés (Stanley Weber, César Chouraqui, Miriam Stein, Romaine Cochet, Christine Citti). Une répartition qui colle parfaitement au film qui mélange deux époques, un milieu bourgeois contemporain et les années 40, parfaitement reconstituées. De fait, la mise en scène peut difficilement se passer de la narration en flash back, les retours en arrière visualisant les récits que recueille Nathan (Stanley Weber) pour élucider le secret familial caché.

Les coups, ça fait mal

La résolution du mystère que subodore Nathan est maintenue en suspend jusqu'à la fin, même si l'on sent bien de quel côté elle viendra, avec à la clé un ultime coup de théâtre. Fondé sur un sujet fort, déduit d'une histoire vraie, "L'Origine de la violence" manque toutefois d'audace dans sa mise en scène. L'usage du flash back, d'une caméra portée lors de gros, voire très gros plans, pour traduire les tensions psychologiques, demeurent en phase avec le récit, mais convenus, sans surprise.
César Chouraqui et Jeanne Cremer dans "L'Origine de la violence" d'Elie Chouraqui

César Chouraqui et Jeanne Cremer dans "L'Origine de la violence" d'Elie Chouraqui

© L'Origine Productions
L'arrière plan de la Seconde Guerre mondiale n'est pas seulement un prétexte. Participant d'une histoire familiale, elle pointe le traumatisme que laissent dans les mémoires de tels événements. Mais c'est le secret comme mal dans les familles qui prédomine. Nathan dit dès les premières minutes "Je donne des coups, tout le temps, parce que j'ai peur". Inconscient de ce que lui a caché sa famille sur ses origines, il va partir à leur recherche pour résoudre sa violence. Le film part de l'ombre et aboutit à la lumière. Un schéma classique qui participe des qualités et limites de "L'Origine de la violence".




La Fiche film
Drame d'Elie Chouuraqui (France-Allemagne) - Avec :  Richard Berry, Stanley Weber, César Chouraqui, Michel Bouquet, Miriam Stein, Catherine Samie - 1h50 - Sortie : 25 mai 2016
Synopsis : Lors d’un voyage en Allemagne, un jeune professeur, Nathan Fabre, découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie. De retour en France, le souvenir de cette photographie ne cesse de l'obséder. Face au silence de son père, il décide alors de se pencher sur l'histoire de sa propre famille. Les secrets qu'il y découvre bouleversent son existence. À l'issue de sa quête, Nathan comprendra que le passé, même enfoui au plus profond des mémoires, finit toujours par ressurgir...