"L’Enquête" : Gilles Lellouche remarquable dans le maelström Clearstream

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 11/02/2015 à 15H21, publié le 11/02/2015 à 14H32
Gilles Lellouche dans "L'Enequte" de Vincent Garenq

Gilles Lellouche dans "L'Enequte" de Vincent Garenq

© Mars Distribution

C’est la deuxième fois que Vincent Garenq adapte une histoire vraie à l’écran, après "Présumé coupable", sur l’affaire d’Outreau. Avec "L’Enquête", il s’attaque cette fois au cauchemar qu’a vécu le journaliste et écrivain Denis Robert en enquêtant sur la banque luxembourgeoise Clearstream et son hypothétique implication dans les rétro-commissions dans les ventes de frégates françaises à Taïwan.

La note Culturebox
5 / 5                  ★★★★★

De Vincent Garenq (France), avec : Gilles Lellouche, Charles Berling, Laurent Capelluto, Florence Loiret-Caille - 1h46 - Sortie : 11 février 2015

Synopsis : 2001. Le journaliste Denis Robert met le feu aux poudres dans le monde de la finance en dénonçant le fonctionnement opaque de la société bancaire Clearstream. Sa quête de vérité pour tenter de révéler "l'Affaire des affaires" va rejoindre celle du juge Renaud Van Ruymbeke, très engagé contre la corruption. Leurs chemins vont les conduire au cœur d'une machination politico-financière baptisée "l'affaire Clearstream" qui va secouer la Ve République.
"L'Enquête" : la bande-annonce

Didactique

A l’heure où éclate le scandale autour de la banque suisse HSBC sur ses détournements de fonds, fiscaux et blanchiments d’argent sale, "L’Enquête" tombe à pic.  La grande réussite du film est d’être parvenu à faire d’une affaire hyper complexe, un thriller. Un thriller financier, donc. Mais surtout une histoire d’homme, celle d’un journaliste, Denis Robert, pris dans un tourbillon, où sa crédibilité professionnelle est mise sur la sellette, toute comme sa vie familiale et sa vie de couple.

C’est l’autre point fort du film de mener de front une intrigue de dimension nationale, avec l’intimité d’un homme pris dans l’œil du cyclone. Bourré de qualités, la moindre de "L’Enquête" n’est pas d’être parvenu à mettre à plat un dossier aussi complexe que l’affaire Clearstream et de nous la rendre compréhensible. Jamais le qualificatif  "didactique" n’aura été autant valorisé, car non démonstratif, mais analytique, tout en laissant ses zones de mystères. Comme les motivations du "corbeau" de l’affaire, Imah Lahoud.

Gilles lellouche et Charles Berling dans "L'Enquête" de Vincent Garenq

Gilles lellouche et Charles Berling dans "L'Enquête" de Vincent Garenq

© Mars Distribution

Sans-fautes

Quand l’on aura reconnu les prestations fabuleuses de tous les acteurs, Gilles Lellouche en tête en Denis Robert, Charles Berling qui interprète le juge Van Ruymbeke, Laurent Capelluto dans celui d’Imah Lahoud, d’Eric Nahou (remarquable second rôle français) en Jean-Louis Gergorin, on en aura presque fini des éloges autour de "L’Enquête". Presque, car le film à le courage de traiter un sujet contemporain, avec des personnages toujours vivants, ce qui est rare en France.
 

Gilles Lellouche présente "L'enquête" sur le plateau de France 2 

Gilles Lellouche présente "L'enquête" sur le plateau de France 2 

© France 2 / Culturebox


Un sans-fautes donc pour Vincent Garenq aux manettes de "L’Enquête", dont la mise en scène colle aux objectifs de son film : lever le voile sur une affaire très révélatrice de notre époque, tout en faisant une histoire d’homme, et au-delà d’une famille (excellente Florence Loiret-Caille dans le rôle l’épouse de Denis Robert, tout comme le sont les deux fillettes). Le cinéaste nous passionne du début à la fin, avec une construction en boucle, menée sur un rythme soutenu qui motive constamment l’attention. Dernier atout : le mystère maintenu qui entache toujours l’affaire, moteur de la fiction, mais aussi de l’opacité entretenue dans les faits. Un comble, pour une banque qui s’appelle "Clearstream" (courant clair). Un film d’utilité publique, à voir absolument.