"L'Ennemi de la classe" : film éducatif sur profs et élèves

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 03/03/2015 à 11H18, publié le 03/03/2015 à 11H03
Igor Samobor dans "L'ennemi de la classe" de Rok Bicek

Igor Samobor dans "L'ennemi de la classe" de Rok Bicek

© Paname Distribution

Rares sont les films en provenance de Slovénie, "L’Ennemi de la classe", premier film de Rok Bicek, est du meilleur augure. Huis-clos dans un lycée, dont on ne sort jamais pendant près de deux heures, le film suscite constamment l’intérêt, suite au suicide d’une élève, dont les camarades imputent la responsabilité à leur professeur d’allemand. Mais tout n’est pas si simple…

La note Culturebox
4 / 5                  ★★★★☆

De Rok Bicek (Slovénie), avec : Igor Samobor, Natasa Barbara Gracner, Tjasa Zeleznik - 1h52 _ Sortie : 4 mars 2015

Synopsis : À l’arrivée de leur professeur principal remplaçant, une classe de lycéens se trouve confrontée à une discipline accrue et à un enseignement plus austère. Ce professeur d’allemand concentre vite toutes les critiques. Les élèves mènent ouvertement la fronde. La tension monte, et quand une jeune fille de la classe se suicide, la responsabilité du professeur parait indiscutable aux yeux de ses camarades. L’escalade des provocations ne fait alors que commencer, laissant les autres enseignants dépassés par les événements et les élèves face à toutes leurs violentes contradictions.
"L'Ennemi de la classe" : la bande-annonce

Montée en puissance

Professeur remplaçant d’une collègue conviviale, il va se mettre à dos toute une classe car jugé trop autoritaire et méprisant. Si de prime abord on ressent de la sympathie pour cette classe de lycéens, les frontières vont bouger. Comme il est dit deux fois dans "L’Ennemi de la classe" : "rien n’est blanc, rien n’est noir". Ce n’est pas enfoncer une porte ouverte que de le dire, surtout quand cela est aussi bien dit que dans ce film à la progression dramatique remarquable.

Son impact est d’autant plus fort que la mise en scène sobre de Rok Bicek est maitrisée de bout en bout, que l’interprète du professeur, Igor Samobor, est de premier ordre, tout comme les jeunes acteurs qui jouent les lycéens. Le retournement de situation est provoqué par le discours tenu par ce prof principal face à des lycéens vindicatifs, qui réagissent de façon émotionnelle. La réflexion face à l’émotion. Les élèves l’accusent sans preuves, le jugent sans procès, l’accusant d’être un "nazi", alors qu’ils agissent comme tel, contrairement à leurs convictions.

"L'Ennemi de la classe" de Rok Bicek

"L'Ennemi de la classe" de Rok Bicek

© Paname Distribution

Tension palpable

Le comportement des lycéens, d’abord solidaires, va se transformer en affrontement, les leaders en venant même mains. La tension dans la classe est palpable. Les dialogues et les échanges, résonnent comme des coups de poings. Le professeur va retourner les arguments de ses opposants contre eux, leur faisant remarquer qu’ils ne savaient rien de la victime, pas même son nom de famille. Pas une dénégation ne fuse.

En provenance de l’autre bout de l’Europe, "L’Ennemi de la classe" tient un discours universel. Sur la remise en cause de l’enfant roi, une jeunesse soit disant rebelle, que doivent gérer tous les systèmes éducatifs. Il n’est pas question de remettre en cause cette impulsion de la jeunesse avec conservatisme, mais de pointer les comportements endossés par ceux-là même qui sont prêts à les dénoncer. Plein de subtilité, un film à découvrir.