"L'Amour et rien d'autre" : film crédo

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 17/04/2012 à 15H43
Sandra Hüller dans "L'Amour et rien d'autre"

Sandra Hüller dans "L'Amour et rien d'autre"

© Sophie Dulac Distribution

De Jan Schomburg (Allemagne), avec : Sandra Hüller, Georg Friedrich, Felix Knopp - 1h28 - Sortie : 18 avril

Synopsis : Est-il possible que quelqu’un vous manque si fort qu’on puisse le retrouver dans un autre ? Lorsque son mari Paul disparait Martha découvre qu’elle ne connaissait rien de lui. Elle rencontre Alexander. A quoi peut ressembler une nouvelle histoire d’amour après la fin soudaine du grand amour ?

De Jan Schomburg (Allemagne), avec : Sandra Hüller, Georg Friedrich, Felix Knopp - 1h28   Lire la critique

Urgence de l'autre
Film sur la rupture et la reconstruction, « L’Amour et rien d’autre » parvient à réinterpréter une vieille histoire. Cela vient de l’originalité de l’articulation entre les deux pans, l'absence et les retrouvailles. Evoquant d’abord une affaire Roman (ce mari qui a fait croire 18 ans à sa famille qu’il était médecin à l’OMS avant d’assassiner épouse, enfant et beaux-parents), le film de Jan Schomburg bascule dans une comédie romantique. Avec au centre l’amour et rien d’autre.

Rarement film n’aura aussi bien porté son titre. « L’Amour et rien d’autre » est narré du point de vue de Martha (Sandra Hüler), une femme éperdue de son mari qui, on l’apprendra, menait une double vie. Martha vit un amour idéal parce qu’elle ne voit que l’amour et rien d’autre. Quand tout bascule, il en va de même. Elle ne veut pas croire à la disparition de son mari, puis une fois reconnue, elle se tranporte immédiatement dans un autre amour. Comme par urgence. L’amour et rien d’autre est son crédo.

Sandra Hüller et Georg Friedrich dans "L'Amour et rien d'autre" de Jan Schomburg

Sandra Hüller et Georg Friedrich dans "L'Amour et rien d'autre" de Jan Schomburg

© Sophie Dulac Distribution

Le cliché évité
Sandra Hüller est convaincante en femme qui ne conçoit sa vie qu’avec l’autre, à s’en rendre aveugle. Le vieil adage est toujours de mise. Mais d’un cliché, Jan Schomburg parvient à le tirer par le haut grâce à un scénario astucieux écrit de sa main. La réalisation fait toutefois fi d’une mise en scène créatrice, restant dans le stricte cadre d’une exposition extérieur.

Cette froideur, propre aux films de l’est ou nordique, ne contamine pas « L’Amour et rien d’autre ». La chaleur émane de l’interprétation de Sandra Hüller. Son rôle la met, comme le spectateur, devant une révélation qui aurait pu avoir une toute autre conséquence, désespérée. Alors qu’ici, le message est résolument positif. Amoureux.