"Juillet Août" : Diastème révèle le bel été de la jeune Luna Lou

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 18/07/2016 à 11H28, publié le 11/07/2016 à 12H53
Alma Jodorowsky et Luna Lou dans "Juillet Août" de Diastème

Alma Jodorowsky et Luna Lou dans "Juillet Août" de Diastème

© Mathieu Morelle

Une brise estivale souffle sur les sorties de ce début d’été avec "Juillet Août". Après une comédie dramatique, "Le Bruit des gens autour" et un drame polémique autour de la rédemption d’un raciste, "Un Français", Diastème sort une nouvelle comédie dramatique, genre chéri du cinéma français, réalisée avec talent, et la révélation d’une toute jeune comédienne de 14 ans, Luna Lou, à la clé.

La note Culturebox

3
3/5

Un air de Pascal Thomas

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la jeune débutante en a dans le ventre. Cela serait facile de prétendre qu’à l’âge de son rôle il lui suffit d’être elle-même devant la caméra. Il est évident que Laura est un rôle de composition. Têtue, effrontée, grossière… la cadette de cette famille décomposée a plus d’un tour dans son sac pour mener sa barque à la barbe de ses parents et de sa sœur aînée, Joséphine (Alma Jodorowsky, petite fille d’Alejandro). Pierre Chesnay, son beau-père, est pris au piège de la gamine, tout comme son père biologique, Thierry Godard. La mère, Pascale Arbillot, est déjà ailleurs dans sa nouvelle grossesse.
Juillet Août : la bande annonce

Diastème, à l’écriture et au scénario, mène tout ce petit monde avec joyeuseté et non moins de maîtrise. Film solaire sur la préadolescence et la sortie de l’entre-deux âge, "Juillet Août " rappelle la verve des premiers films de Pascal Thomas, "Les Zozos " (1972), "Pleure pas la bouche pleine " (1973), "Le Chaud lapin " (1974). Comme c’est très souvent le cas dans ce genre d’exercice, ce n’est pas par sa mise en scène que brille le film. Mais c’est par les situations, les dialogues et les nombreuses saillies, surtout de Luna Lou, que le film crée l’adhésion.

Tête d’affiche

Demeure toutefois une seconde partie plus faible. Diastème relance l’action par une histoire de vol par le petit ami de Joséphine et l’amour plus fort que l’adversité qui les unit. Le cinéaste aurait dû s’en tenir à cette chronique d’une famille éclatée qui œuvre à rester unie avec deux trublions en roue libre. Une concession au narratif que Pascal Thomas évitait pour soustraire l’incursion d’une intrigue secondaire dispensable. Une facilité, par malheur, souvent le lot du genre.

Luna Lou dans "Juillet Août" de Diastème 

Luna Lou dans "Juillet Août" de Diastème 

© Mathieu Morelle

Heureusement, Luna Lou veille au grain. Son jeune âge ne lui permet pas de prétendre à tenir le haut de l’affiche. Mais c’est elle qui la tient. Diastème a trouvé une perle, une pépite qu’il ne serait pas étonnant de voir prétendre au meilleur espoir féminin aux prochains César. "Juillet Août " reste un film au trois-quarts plein, plutôt qu’à moitié vide. Même dans son intrigue superfétatoire, Diastème parvient à s’en sortir, mais révèle une faiblesse. Un passage nuageux dans une tempête de ciel bleu.

Diastème, invité de France 3 Ile-de-France dimanche 17 juillet

"Juillet Août" : l'affiche

"Juillet Août" : l'affiche

© Diaphana

LA FICHE

Comédie de Diastème (France) - Avec : Patrick Chesnais, Pascale Arbillot, Thierry Godard, Thierry Godard, Alma Jodorowsky, Luna Lou   - Durée : 1h36 - Sortie : 13 juillet 2016

Synopsis :Synopsis : C’est l’été. Les familles migrent et se recomposent. Laura, 14 ans, et Joséphine, 18 ans, partent en juillet avec leur mère dans le Sud, puis en août chez leur père en Bretagne. La cohabitation entre ados et adultes ne manque ni de tendresse, souvent non-dite, ni d’exaspération, parfois bruyante… Car les filles ont leurs secrets, qui n’ont pas grand-chose à envier aux problèmes de leurs parents et de leurs beaux-parents. C’est l’été de tous les dangers ? Pas tout à fait. Quoique.