"J'enrage de son absence" : Sandrine Bonnaire derrière la caméra

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 29/10/2012 à 16H22
Alexandra Lamy, Jalil Mehenni  et William Hurt dans "J'enrage de son absence" de Sandrine Bonnaire

Alexandra Lamy, Jalil Mehenni et William Hurt dans "J'enrage de son absence" de Sandrine Bonnaire

© Ad Vitam

Après un documentaire sur sa sœur autiste et un court-métrage, Sandrine Bonnaire signe son premier long métrage de fiction, avec "J'enrage de son absence", où elle a choisi William Hurt et Alexandra Lamy en tête d'affiche : original et inquiétant...

De Sandrine Bonnaire (France), avec : William Hurt, Alexandra Lamy, Augustin Legrand, Jalil Mehenni - 1h38 - Sortie : 31 octobre

Synopsis : Après dix ans d’absence, Jacques ressurgit dans la vie de Mado, aujourd’hui mariée et mère de Paul, un garçon de sept ans. La relation de l’ancien couple est entachée du deuil d’un enfant. Alors que Mado a refait sa vie, Jacques en paraît incapable et lorsqu’il rencontre Paul, c’est un choc. La complicité de plus en plus marquée entre Jacques et Paul finit par déranger Mado qui leur interdit de se revoir. Mais Jacques ne compte pas en rester là...

Un sujet personnel
Aidé de Jérôme Tonnerre pour le script, Sandrine Bonnaire s’est inspirée d’une histoire personnelle pour l’écriture de cette première fiction. "J’ai repensé à un homme qui était lié à ma mère et a accompagné mon enfance. Il a disparu, et je l’ai recroisé par hasard à l’âge de 20 ans. (…) Je me souviens que je me suis promis, un jour, de faire quelque chose sur cet homme, sur son histoire, son destin." C’est désormais chose faite de façon très inattendue.

 

Excessivement personnel dans ce choix, elle a également fait appel à son ancien mari, William Hurt, pour endosser le premier rôle. Le souvenir déclencheur de l’histoire est traiter dans une direction anxiogène qui contamine de plus en plus le récit. Jacques (William Hurt) inspire une empathie spontanée, par le deuil de son père dont il vient régler la succession, celui du fils qu’il a perdu quand il vivait avec Mado (Alexandra Lamy), et par l’amour immodéré qu’il voue à Paul (très convaincant Jalil Mehenni), le fils de son ex-compagne.

Jalil Mehenni et William Hurt dans "J'enrage de son absence" de Sandrine Bonnaire

Jalil Mehenni et William Hurt dans "J'enrage de son absence" de Sandrine Bonnaire

© Ad Vitam

Bonnaire frôle le fantastique
De cet attachement, touchant, qui comble le vide de la disparition du fils originel, naît un comportement trouble, obsessionnel, sinon dangereux pour l’équilibre de cet homme en mal de paternité, pour Paul et ses parents. Le secret qui unit l’homme à l’enfant ne doit pas être révélé, au risque de détruire l’effet de surprise et le suspense qu’il impulse à toute la seconde partie du film.

 

Car il s’agit bien d’un thriller sentimental que traite Sandrine Bonnaire. Une inquiétude progressive s’installe, renforcée par la stature rassurante et le visage lisse de William Hurt, tout comme ses sentiments paternels envers Paul, dont l’excessivité traduit toute la fragilité. C’est le subterfuge mis en place avec cet avatar de fils dans le secret de ses parents qui stigmatise la défaillance de Paul. L’actrice devenu réalisatrice conduit parfaitement son projet, avec un William Hurt touchant, puis de plus en plus inquiétant, alors qu’Alexandra Lamy traverse toute une palette de sentiments,  au cœur d’une intrigue dont l’improbabilité fait quasiment verser le sujet dans le fantastique.