"J'arrête quand je veux" : comédie acide stupéfiante

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 05/08/2014 à 16H37, publié le 04/08/2014 à 14H57
Edoardo leo et Paolo Calabresi dans "J'arrête quand je veux" de Sydney Sibiia

Edoardo leo et Paolo Calabresi dans "J'arrête quand je veux" de Sydney Sibiia

© Bellissima Films

Pour son premier long métrage, Sydney Sibilia, Italien comme son nom l’indique à moitié, a justement choisi de renouer avec l’âge d’or de la comédie italienne, sociale et drolatique, avec un groupe d’amis entraînés dans une aventure commune. Mais il fallait bien trouver une substance nouvelle pour l’actualiser, et ici elle n’est rien moins que "stupéfiante".

La note Culturebox
3 / 5                  ★★★☆☆

De Sydney Sibilia (Italie), avec : Majlinda Agaj, Valerio Aprea, Paolo Calabresi - 1h40 - Sortie : 6 août 2014

Synopsis : En Italie, un groupe de brillants chercheurs universitaires tente de sortir d’une impasse : trouver un travail. Ils décident alors de créer la drogue parfaite et légale… 
"J'arrête quand je veux" : la bande-annonce

Une comédie sociale
La dimension politique et sociale du cinéma italien est une constante. Depuis un moment, les films en provenance de la botte reviennent en force, alors que l’ère berlusconienne les avait mis à mal. Presqu’aucun ne parvenait jusqu’à nous, et les rares traversant les Alpes n’avaient guère d’intérêt. Espérons que cet épisode est derrière nous. Le cinéma italien confirme de film en film une belle vitalité, comme l’a prouvé "La grande Bellezza" de Paolo Sorrentino, dernier Oscar du meilleur film étranger. Une vitalité que l’on retrouve dans "J'arrête quand je veux", à un moindre degré, mais réelle.

La réussite émane en premier lieu du script qui met en perspective un groupe de brillants universitaires en mal d’emploi. Tous issus d’études scientifiques ou de sciences humaines reflètent la crise qui les oblige à accepter des emplois subalternes par rapport à leurs compétences. Un constat vérifiable en Italie, mais également en France et dans toute l’Europe. Un autre film traite-t-il du sujet ? Un point. Sydney Sibilia choisit de le traiter avec un humour déjanté et une mise en images qui ne l’est pas moins.

Edoardo leo dans "J'arrête quand je veux" de Sydney Sibilia

Edoardo leo dans "J'arrête quand je veux" de Sydney Sibilia

© Bellissima Films

De l’art du dosage
L’idée de sortir de l’impasse par la confection d’une drogue révolutionnaire qui reste légale grâce à un "cocktail" issu de substances licites est un petit coup de génie. Mais tous n’en ressortiront pas indemnes…  Aussi, le film ne fait pas l’apologie des ruses pour s’en sortir ou des drogues. Mais il pointe une problématique sociale très contemporaine avec acuité et un script efficace, avec des personnages hauts en couleurs projetés dans des situations évolutives qui les mettent tour à tour en jubilation et en difficulté.

Le film ne fonctionnerait pas si bien si la mise en scène ne suivait pas. Jouant à la fois de la comédie de situation, des dialogues et du burlesque, la mise en images avec des couleurs virées qui reflètent le changement de conscience lié à la drogue est une grande réussite. Si "J'arrête quand je veux" demeure un film mineur, il n’en reste pas moins très original, dans la lignée d’un "Very Bad Trip", mais nettement plus mature par son message social, avec un esprit de comédie typiquement italien. Contemporain, divertissant et drôle.