"Hugo Cabret" : Scorsese rend hommage à Méliès

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 13/12/2011 à 16H42
Ben Kingsley et Asa Butterfield dans "Hugo Cabret" de Martin Scorsese

Ben Kingsley et Asa Butterfield dans "Hugo Cabret" de Martin Scorsese

© Metropolitan FilmExport

De Martin Scorsese (Etats-Unis), avec Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen, Asa Butterfield, Chloe Moretz, Christopher Lee - Durée : 2h08 - Sortie : 14 décembre

Dans le Paris des années 30, le jeune Hugo est un orphelin de douze ans qui vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. De son père, il ne lui reste qu’un étrange automate dont il cherche la clé - en forme de cœur - qui pourrait le faire fonctionner. En rencontrant Isabelle, il a peut-être trouvé la clé, mais ce n’est que le début de l’aventure…
 

De Martin Scorsese (Etats-Unis), avec : Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen, Asa Butterfield - 2h08 - Sortie : 14 décembre   Lire la critique

L'automate de la gare de Lyon
Martin Scorsese n’était pas attendu à la réalisation d’un film de Noël en relief. "Hugo Cabret" constitue en effet, sans doute, le spectacle incontournable de ces fêtes de fin d’années. S’il s’est lancé dans l’aventure, c’est qu’en adaptant "L’invention d’Hugo Cabret" de Brian Selznick il pouvait aborder le personnage de Georges Méliès, l’inventeur du spectacle cinématographique, un vieux projet dans ses cartons qui voit enfin le jour.

"Hugo Cabret" prend le magicien de Montreuil dans la dernière partie de sa vie, quand, ruiné, il tenait un kiosque à jouets et confiseries dans le hall de la gare Montparnasse à Paris. La fiction garde la gare comme lieu centrale de l’action, mais Scorsese a choisi la gare de Lyon, plus photogénique, avec son beffroi surmonté d’une grande horloge, Hugo ayant pour tâche d’en entretenir toutes les pendules.

Alimenté d’une intrigue pleine de mystères aux frontières du fantastique, avec un merveilleux automate à la clé, "Hugo Cabret" est le spectacle idéal pour les fêtes. Jouant d’un relief très bien mis en scène, le procédé sert parfaitement l’esthétique fourmillante des images qui visualisent le Paris des années 30. Une reconstitution idéalisée qui semble sortir d’un livre pour enfants. Scorsese ne recherche pas le réalisme, mais l’atmosphère des contes.
 

Le studio de Montreuil revisité
Personnage récurrent du film, Georges Méliès, incarné par un Ben Kingsley étonnant de mimétisme, n’y apparaît pas pourtant sous un jour très sympathique, du moins dans la première partie. Certes le magicien de Montreuil subissait alors la période la plus difficile de sa vie, oublié de tous, mais le montrer avec une telle aigreur, voire méchanceté à l’égard d’Hugo, dans un premier temps, est contradictoire à la nature facétieuse du personnage.

La partie où Scorsese reconstitue le studio de Montreuil et évoque le tournage du "Royaume des fées" (1903) est une pure merveille, le plus beau moment du film. Le film foisonne en personnages pittoresques, tel que le chef de gare claudiquant suite à ce que l’on imagine être une blessure du premier conflit mondial, ou la marchande de fleurs, et les habitués des lieux.

Scorsese s’est parfaitement adapté à cet univers juvénile qu’il n’avait jamais pratiqué. Toutefois, les deux heures huit du film risquent d’épuiser les plus petits. A partir de huit ans, il fera par contre plus d’un émule qui, en découvrant Georges Méliès, voudront aller à la rencontre de son œuvre. Rarement film pour la jeunesse n’aura autant fait pour le cinéma.