"Hautes terres" : le territoire des sans terres mis en lumière

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Publié le 13/10/2014 à 17H01
"Hautes Terre" de Marie-Pierre Bêtas

"Hautes Terre" de Marie-Pierre Bêtas

© Zeugma Films

Marie-Pierre Brêtas a pris quatre ans à filmer "Hautes Terre", en s’attachant à un couple de cultivateurs, que l’on appelle des "sans terre" dans le Nordeste du Brésil. Elle les a suivis dans leur parcours pour l’obtention d’une parcelle cultivable, d’une propriété, d’une culture : un combat sans relâche.

La note Culturebox
3 / 5                  ★★★☆☆

Documentaire de Marie-Pierre Brêtas (France)  - 1h27 - sortie : 15 octobre 2014

Synopsis : Dans le Nordeste du Brésil, Vanilda et son mari Antonio, ainsi qu’une vingtaine d’autres familles de paysans obtiennent enfin une propriété après avoir passé quatre ans à lutter dans un campement avec le soutien du syndicat des sans-terres. Tels les pionniers d’un Western ils entreprennent la lente construction d’une communauté agricole, armés de la force de leurs bras et de leurs espoirs, sur ce territoire hanté par la sécheresse. La gestion collective de la propriété et de ses ressources s’avère être une aventure plus exigeante encore que la conquête des terres.
"Hautes terres" : la bande-annonce

Confrontations
"Hautes terres" traite d’un sujet difficile, dont on ne connaît rien sous nos latitudes. Autre pays, autre culture, autre agriculture… tout différencie la France du Brésil. Marie-Pierre Brêtas est allée à la rencontre d’un pays, d’hommes et de femmes qui se battent pour survivre, pour vivre. Seule, solitaire, elle a rencontré et filmé un couple d’agriculteurs dans leur parcours, leurs difficultés et leur résolution, avec d’autres, à créer leur terre.

Créer sa terre, créer sa maison, créer sa famille et au-delà sa communauté, c’est le projet de Valnida et Antonio. Marie-Pierre Brêtas filme cette mise en œuvre dans tous les détails, au quotidien et au rythme des avatars. Comme la construction de maisons très typiques. De la coupe des bois au montage des murs, en passant par la confection du torchis, le branchage constituant la base de la constructibilité d’édifices uniques et étonnants. L’aventure ne s’arrête pas là. Elle s’effectue contre les politiques qui conduisent un programme parfois à l’encontre de ceux qu’ils sont censés servir, même à leurs dépens.

"Hautes Terres" de Marie-Pierre Brêtas

"Hautes Terres" de Marie-Pierre Brêtas

© Zelig Films Distribution

Seule
Marie-Pierre Brêtas réalise son film absolument seule. Elle cadre et enregistre le son sans aucune équipe. Le résultat est vraiment remarquable, tant les plans sont beaux et le son d’une grande qualité. Il faut toutefois entrer dans une temporalité propre. Celle-ci repose sur nombre de plans séquences, où la caméra suit des personnages, souvent de dos, dans leur pérégrination, à la quête de bois ou de récoltes. La confection des maisons prend également une bonne partie du film.

"Hautes terres" rend compte d’une histoire humaine qui vaut pour beaucoup pour l’éloignement par rapport à notre univers occidental.  A la découverte d’un autre monde, que l’on a l’impression de découvrir en direct. Un message social, témoin de solidarité, non moins exotique, qui met au premier plan des êtres humains rares et impressionnants.