"Hacker" : Michael Mann toujours dans la course

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 16/03/2015 à 18H10, publié le 16/03/2015 à 18H11
Chris Hemsworth et Tang Wei dans "Hacker" de Michael Mann

Chris Hemsworth et Tang Wei dans "Hacker" de Michael Mann

© Universal Pictures

Roi du thriller ("Heat", "Miami Vice","Revelation"…), Michael Mann débarque avec un cyber thriller de première classe. Ecrit sur un scénario original, "Hacker" accumule les meilleures options : script, mise en images, rythme, mais pèche quelque peu par l’interprétation de son acteur principal, Chris Hemsworth ("Thor") qui passe à côté de la chance de sa vie.

La note Culturebox
3 / 5                  ★★★☆☆

De Michael Mann (Etats-Unis), avec :  Chris Hemsworth, Tang Wei, Viola Davis, Ritchie Coster - 2h13 - Sortie : 18 mars 2015
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Synopsis : À Hong Kong, la centrale nucléaire de Chai Wan a été hackée. Un logiciel malveillant, sous la forme d’un outil d’administration à distance ou RAT (Remote Access Tool), a ouvert la porte à un autre malware plus puissant qui a détruit le système de refroidissement de la centrale, provoquant la fissure d’un caisson de confinement et la fusion de son coeur. Aucune tentative d’extorsion de fonds ou de revendication politique n’a été faite. Ce qui a motivé cet acte criminel reste un mystère.
Un groupe de hauts gradés de l’APL (Armée populaire de libération chinoise) charge le capitaine Dawai Chen, spécialiste de la défense contre les cyberattaques, de retrouver et de neutraliser l’auteur de ce crime.
À Chicago, le Mercantile Trade Exchange (CME) est hacké, provoquant l’inflation soudaine des prix du soja.
Carol Barrett, une agente chevronnée du FBI, encourage ses supérieurs à associer leurs efforts à ceux de la Chine. Mais le capitaine Chen est loin de l’idée qu’elle s’en était faite. Formé au MIT, avec une parfaite maîtrise de l’anglais, l’officier chinois insiste pour que ses homologues américains libèrent sur le champ un célèbre hacker détenu en prison : Nicholas Hathaway. 
"Hacker" : la bande-annonce

Tron

Michael Mann est un peu notre "chouchou" en France dès que l’on parle thriller. Il faut dire qu’il le mérite avec les titres cités plus haut qui brillent au firmament du genre, avec cet exemple à jamais inscrit dans le bronze que constitue "Heat". Son nouvel opus, "Hacker" s’inscrit dans une approche cybernétique du genre. Normal, vu l’époque, mais ne convainc pas autant que la veine classique, avec ses bons vieux braquages et traques aux gangs d’antan.

Le film commence très fort, avec ses visions hyper-rythmées de transferts informatiques visualisées de l’intérieur d’un ordinateur. On se croirait dans "Tron". Très joli, très bel effet, très bel intro, enchaînée sur l’explosion spectaculaire d’une centrale nucléaire au Japon qui surfe sur Fuckushima. Cela commence à faire beaucoup comme rattrapage dans le scénario et à l’image. Même si elle est du plus bel effet. Mais le moins bon reste à venir. Même s’il est loin d’être du pire.

Chris Hemsworth dans "Hacker" de Michael Mann

Chris Hemsworth dans "Hacker" de Michael Mann

© Universal Pictures

Fadeur et tempolarité

Michael Mann demeure tout le long un des meilleurs metteurs en scène, mais il semble sous influence, pour aller dans le sens du vent. Dans son sujet et son traitement. Geek et avec une star qui a le vent en poupe. Le problème, c’est que Chris Hemsworth, excellent en Thor, chez Marvel/Disney, est ici d’une fadeur continuelle. Comment peut-il se faire, quand un acteur au fort potentiel se trouve face à un tel metteur en scène ? C’est la bâche du film.

Dommage, car "Hacker" demeure un bon thriller qui reste d’une grande visibilité, passionnant par son intrigue et son rendu visuel, mais un peu décevant dans ses attentes avec un tel casting, derrière et devant la caméra. Sa durée de 2h13 est également un peu longuette. Etrange par rapport à celle que l’on attend devant un ordinateur, thème au cœur du film.