"Gambit, arnaque à l'anglaise" : beaucoup de bruit pour rien

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 06/02/2013 à 15H28, publié le 05/02/2013 à 16H12
Colin Firth et Cameron Diaz dans "Gambit, arnaque à l'anglaise" de Michael Hoffman

Colin Firth et Cameron Diaz dans "Gambit, arnaque à l'anglaise" de Michael Hoffman

© Metropolitan FilmExport

Michael Hoffman change radicalement de registre après son film précédent, « Tolstoï, le dernier automne », puisqu’il s’attaque à une comédie légère, dans la lignée des « My Fair Lady » ou « Pretty Woman ». Mais n’est pas George Cukor qui veut, et la réunion d’un beau casting (Peter Firth, Cameron Diaz et Alan Rickman) ne donne pas forcément la clé de la recette.

De Michael Hoffman (Etats-Unis), avec : Colin Firth, Cameron Diaz, Alan Rickman - 1h30 - Sortie : 6 février

Synopsis : Pour voler Lionel Shabandar, l'un des hommes les plus riches d'Angleterre, Harry Deane monte une arnaque minutieusement pensée avec l’aide de son complice. Il espère lui vendre un faux Monet. Pour la réussite de son plan, il a besoin d’une reine du rodéo excentrique et imprévisible tout droit venue du Texas, qui doit prétendre que son grand-père a dérobé le tableau à la fin de la Seconde Guerre mondiale...
"Gambit, arnaque à l’anglaise" : la bande-annonce
Les frères Coen au scénario
Avec une telle distribution, l’on pouvait s’attendre au meilleur, surtout quand l’on relève que le scénario est signé Joel et Ethan Coen. Tout en référence à la comédie américaine des années 50-60, « Gambit, arnaque à l’anglaise » est le remake revendiqué d’« Un hold-up extraordinaire » (1966) de Ronald Neame, avec Michael Caine, Shirley MacLaine et Herbert Lom.

Mais la sauce ne prend guère, même si Colin Firth se fait une silhouette élégante à la Peter Sellers sans moustache. Cameron Diaz, elle, en fait des tonnes en exégète texane du rodéo, clone « live » du personnage de Jessie dans « Toy Story 2 ». Enfin, dans la même veine, l’on a pu voir Alan Rickman plus sobre. Comédie ne rime pas avec gesticulation et ici tout ce petit monde brasse beaucoup d’air pour pas grand-chose.
Alan Rickman et Cameron Diaz dans "Gambit, arnaque à l'anglaise" de Michael Hoffman

Alan Rickman et Cameron Diaz dans "Gambit, arnaque à l'anglaise" de Michael Hoffman

Echec et mat
La situation s’offrait à plus de finesse dans le traitement. Le cadre sophistiqué de l’action ouvre les portes à des décors luxueux, et à une garde-robe choisie, alors que le décalage avec des objectifs crapuleux et vengeresse pouvait faire des étincelles. Si la sauce ne prend pas, la faute en revient à la mise en scène de Michael Hoffman et à sa direction d’acteurs qui, l’une comme l’autre, ne décollent pas.

Reste un ou deux gags au passage, comme le nudisme du personnage d’Alan Rickman, ou la perte burlesque de son pantalon par celui de Colin Firth. C’est maigre. « Gambit » est un terme désignant une stratégie au jeu d’échecs consistant à sacrifier une pièce maîtresse afin d’obtenir le mat. Ici, le mat est sacrifié au profit de l’échec.