"Espèces menacées" : ces histoires d'amour finissent mal en général

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/09/2017 à 09H33, publié le 24/09/2017 à 09H31
Vincent Rottiers et Alice Isaaz dans "Espèces Menacées"

Vincent Rottiers et Alice Isaaz dans "Espèces Menacées"

© Mars Films

Inspiré par les nouvelles de l'auteur américain Richard Bausch, Gilles Bourdos ("Renoir", "Et après"...) construit une sorte de jeu des sept familles. Qui s'entrelacent avec subtilité. Au cœur du film, la solitude et la violence conjugale.

La note Culturebox

3
3/5
Les premières images nous embarquent dans une cavalcade joyeuse sur la rocade de Nice. Coups de klaxon, cris de joie, nuit de fête, c'est le mariage de Tomaz et Joséphine. Ils s'aiment, l'alcool coule à flot, tout n'est que bonheur et insouciance. Elle l'ignore encore, mais c'est la dernière fois que la jeune femme voit cet homme-là. Car dès la nuit de noce, c'est un autre qui va se révèler. Jaloux, impulsif et violent. Coupée de sa famille, harcelée physiquement et moralement, Joséphine perd le contrôle de sa vie. Désormais, elle ne sera plus que la créature de son prédateur de mari.
En marge de ce destin qui se dévoile, d'autres familles apparaissent, qui bientôt se croiseront. Mélanie, enceinte d'un homme qui pourrait être son grand-père. Anthony, parfois brillant, souvent gauche, dominé par une mère qui perd la boule... En couples ou seuls, les personnages n'ont pour point commun que leur solitude, leurs difficultés à partager leurs sentiments et leurs secrets.

Au cœur de cette histoire à entrées multiples, la violence conjugale, abordée avec beaucoup de justesse. Cette impression progressive que les choses déraillent, mais que ça n'est pas forcément bien grave… jusqu'au moment où le piège se referme. Face au tyran domestique et au déni de sa victime, les proches, famille ou voisins se sentent impuissants, incapables d'entraver un processus de violence qui ne peut que mener au drame.
Alice Isaaz et Eric Elmosnino dans "Espèces menacées" © Mars Films

Gilles Bourdos construit cet entrelacement avec virtuosité. L'image est belle, pleine de couleurs et de tension. Les décors "naturels" – beaucoup de voies rapides, de lieux déserts ou de transits, de couloirs ou cette incroyable palmeraie au coeur d'une résidence de luxe – sont remarquablement utilisés. Les comédiens sont au diapason, dans des rôles de personnages sous pression, installant un sentiment de malaise grandissant. Le réalisateur explique avoir voulu éviter le film choral et son final rassemblant tous les personnages. Et c'est vrai que ses histoires ne font que se croiser avant de poursuivre leur chemin. Du coup, on pourra regretter un final un peu rapide et convenu, eu égard à la subtilité de la montée en puissance de ce film qui ne manque pas de qualités.
Grégory Gadebois dans "Espèces menacées"

LA FICHE

Drame de Gilles Bourdos – Avec Alice Isaaz, Vincent Rottiers, Grégory Gadebois, Eric Elmosnino et Alice de Lencquesaing – Durée : 1h45 - Sortie : 27 septembre 2017 -
Synopsis : Trois destins familiaux entrelacés. Joséphine et Tomaz viennent de se marier dans l’allégresse. Mais bientôt, derrière le bonheur solaire des époux, les parents de Joséphine vont découvrir une réalité plus sombre. Mélanie, elle, annonce à ses parents qu’elle attend un bébé mais le père de l’enfant n’a pas du tout le profil du gendre idéal ! De son côté, Anthony, étudiant lunaire et malheureux en amour, va devoir prendre en charge sa mère, devenue soudainement incontrôlable.