« Despair » : Fassbinder chez Nabokov avec Dirk Bogarde et Andréa Ferréol

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 25/03/2012 à 20H25
Klaus Löwitsch,Dirk Bogarde et Andréa Ferréol dans "Despair" de R. W. Fassinber

Klaus Löwitsch,Dirk Bogarde et Andréa Ferréol dans "Despair" de R. W. Fassinber

© Carlotta Films

De Reiner Werner Fassbinder (Allemagne/France), avec : Dirk Bogarde, Andréa Ferréol, Klaus Löwitsch - 1h55 - Réédition : 28 mars

Synopsis : Hermann Hermann, industriel chocolatier, d'origine russe, dans l’Allemagne du début des années 1930, Partage ses fantasmes et ses perversions avec sa femme Lydia, il est hanté par des visions de son double. Pendant un voyage d'affaires, il rencontre le vagabond Félix et voit en lui son sosie qui lui inspire un plan risqué.
 

De Rainer Werner Fassbinder (Allemagne/France), avec : Dirk Bogarde, Andréa Ferréol, Klaus Löwitsch - 1h55 - Réédition : 21 mars   Lire la critique

70"s pur jus
Carlotta Films s’ingénie à ressortir les films de Reiner Werner Fassbinder,  quand il ne s’agit pas d’inédits. « Dispair », film oublié » de 1978 du réalisateur du « Mariage de Maria Braun », a le double intérêt d’être interprété par Dirk Bogarde et Andréa Ferréol à un des moments les plus libertaire de la création cinématographique.

Taxer de libertaire Fassbinder est un euphémisme, mais également le cinéma des années 70 qui s’offre toutes les libertés, dans le choix de ses sujets et de ses mises en scènes. « Despair » en est un vrai symptôme. L’on pense notamment au ton des films de Ken Russel, dans les décors Art-déco, la sexualité et le caractère tordu du personnage principal tenu par Bogarde, un habitué du genre, alors que Ferréol sortait de « La Grande Bouffe ».

Andréa Ferréol dans "Despair" de R. W. Fassbinder

Andréa Ferréol dans "Despair" de R. W. Fassbinder

© Carlotta Films

Imbroglio improbable
Le choix de Bogarde s’impose à Fassbinder qui adapte Nabokov que l’acteur a déjà interprété dans « Lolita » de Kubrick. Comme une continuité, même si le sujet est tout autre. Mais non moins sulfureux, dans les fantasmes de cet industriel chocolatier, qu’alimentent les affres adultérines de sa femme, alors que la nazisme pointe et le pousse à une entreprise suicidaire.

Cela provoque un imbroglio un peu chargé (coutumier chez Fassbinder), mais sujet à une mise en scène magistrale très symptomatique de l’époque. Fassbinder y est encore très esthètes, voire esthétisant, dans ses décors, mais surtout dans l’usage d’une profondeur de champs qui souvent ne s’opère pas sur deux plans, mais trois, tel un peintre flamand. Longuet sur ses près de deux heures, « Despair » n’en reste pas moins caractéristique des 70 ‘s, avec deux interprètes exceptionnels réunis dans un film improbable.