"Dans la cour" : Catherine Deneuve et Gustave Kerven dans un beau pétrin

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 22/04/2014 à 16H08, publié le 20/04/2014 à 19H46
Catherine Deneuve et Gustave Kerven dans "Dans la cour" de Pierre Salvadori

Catherine Deneuve et Gustave Kerven dans "Dans la cour" de Pierre Salvadori

© Roger Arpajou

Quelle bonne idée de réunir Catherine Deneuve et Gustave Kerven "Dans la cour", que signe Pierre Salvadori. Avec, aussi, Féodor Atkine... Royal ! Après "Comme elle respire", "Hors de prix" ou "De vrais mensonges", le cinéaste persiste et signe dans le registre de la comédie dramatique - ce genre très français où il excelle - sans être répétitif. Bravo !

De Pierre Salvadori (France), avec : Catherine Deneuve, Gustave Kervern, Féodor Atkine, Pio Marmai - 1h37 - Sortie : 23 avril

Synopsis : Antoine est musicien. A quarante ans, il décide brusquement de mettre fin à sa carrière. Après quelques jours d'errance, il se fait embaucher comme gardien d'immeuble. Jeune retraitée, Mathilde découvre une inquiétante fissure sur le mur de son salon. Peu à peu, son angoisse grandit pour se transformer en panique : et si l'immeuble s'effondrait... Tout doucement, Antoine se prend d'amitié pour cette femme qu'il craint de voir sombrer vers la folie. Entre dérapages et inquiétudes, tous deux forment un tandem maladroit, drolatique et solidaire qui les aidera, peut-être, à traverser cette mauvaise passe...
Dans la cour : la bande-annonce
Icône détournée
Catherine Deneuve,"icône" comme la désignait récemment le "New York Magazine", s’implique dans des films risqués ("Elle s’en va", "Potiche"…) éloignés de son image glamour. Formidable actrice, elle sublime une fois de plus sa beauté septuagénaire dans "Dans la cour" en interprétant une copropriétaire lambda sujette à des angoisses qui la font sombrer dans le délire, au côté d’un Gustave Kerven compatissant.

Le film suit, lui, une logique toute tracée, plaquée sur une progression dramatique chronologique fondée sur les rapports de plus en plus intimes entre Mathilde (Catherine Deneuve) et Antoine (Gustave Kerven). Mais c’est leur nature qui vaut. Elle l’embarque dans sa folie, lui y étant très ouvert, le mari de Mathilde (Féodor Atkin) n’arrangeant rien.
Féodor Atkin, Catherine Deneuve et Gustave Kerven dans "Dans la cour" de Pierre Salvadori

Féodor Atkin, Catherine Deneuve et Gustave Kerven dans "Dans la cour" de Pierre Salvadori

© Roger Arpajou
Evidences
Catherine Deneuve se donne à fond et se révèle encore une fois comme la grande actrice qu’elle est, sans rien forcer. Elle est là. Elle est Mathilde. Cette évidence dans le versement dans la folie s’avère évidente. Gustave Kerven, en face d’elle, est moins stable, au début, mais se rattrape vite.
Les épisodes qui participent de la progression narrative, comme cette faille dans le mur, image de celle de son couple et de son esprit, vont de pair dans ce qui raproche Mathilde et Antoine. Ensemble, ils nous offrent un film puissant, drôle et signifiant. C'est pourquoi on a envie de les retrouver "Dans la cour".