"Chappie" : un robot en métal hurlant !

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 05/03/2015 à 11H58, publié le 04/03/2015 à 14H52
"Chappie" de Neill Blomkamp

"Chappie" de Neill Blomkamp

© 2015 Sony Pictures Releasing GmbH

Après "District 9" (2009), "Elyseum" (2013) et désormais "Chappie", le Sud-Africain Neill Blomkamp s’est forgé une filmographie des plus cohérentes, à base de science-fiction et de discours social fort. Ce nouveau "wonder boy" des blockbusters creuse ses thématiques avec talent avec Sigourney Weaver et Hugh Jackman en "guest stars", sans oublier le groupe de rap sud-africain Die Antwoord.

La note Culturebox
4 / 5                  ★★★★☆

De Neill Blomkamp (Etats-Unis), avec : Sharlto Copley, Dev Patel, Yo-Landi Visser, Ninja Visser, Jose Pablo Cantillo, Sigourney Weaver, Hugh Jackman, Brandon Auret - 1h54 - Sortie : 4 mars 2015
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs 

Synopsis : 
Dans un futur proche, la population, opprimée par une police entièrement robotisée, commence à se rebeller. Chappie, l’un de ces droïdes policiers, est kidnappé. Reprogrammé, il devient le premier robot capable de penser et ressentir par lui-même. Mais des forces puissantes, destructrices, considèrent Chappie comme un danger pour l’humanité et l’ordre établi. Elles vont tout faire pour maintenir le statu quo et s’assurer qu’il soit le premier, et le dernier, de son espèce.
"Chappie" : la bande-annonce

Sous influences

Neill Blomkamp connaît sa S-F de A à Z, car visiblement, il aime ça. Dans "Chappie", l’on retrouve le concept de "Robocop" (Paul Verhoeven, 1987), et les développements de "Short Circuit"» (John Badham, 1986), voire "E.T." (1982) et "A.I"» (2001) de Steven Spielberg. Il faut dire que l’intelligence artificielle occupe une grande part de la science-fiction littéraire ou au cinéma : les nouvelles d’Isaac Asimov autour de la robotique et l’adaptation de "I Robot" (Alex Proyas, 2004), mais aussi "2001, l’Odyssée de l’espace" de Stanley Kubrick, même "Alien" (Ridley Scott, 1979) et ses suites.

Après les "boat peoples" extraterrestres de "District 9", les populations opprimées de "Elyseum", vient "Charppie", où l’on retrouve pour la troisième fois sous le ciel de Johannesburg Neill Blomkamp, qui stigmatise une population soumise aux préjugés raciaux et sociaux. Le réalisateur a l’intelligence de faire passer le message discriminatoire par la science-fiction et l’action, pour toucher le plus grand nombre, comprenant que la S.-F. ne parle pas tant du futur, comme on le croit souvent, que de notre présent.
 

Sygourney Weaver dans "Chappie" de Neill Blomkamp

Sygourney Weaver dans "Chappie" de Neill Blomkamp

© 2015 Sony Pictures Releasing GmbH

Maturité

L’intelligence de ce film "mainstearm" est justement de mettre à la portée de tous un discours contestataire, à partir d’un personnage faible, le robot Chappie, mis dans les mains d’un gang hyper violent, et d’une société industrielle, comme d’un Etat qui ne le sont pas moins. Neill Blomkamp parvient à ne pas tomber dans l’écueil de ses précédents films, consistant à installer une bonne intrigue qui tombait très vite dans la "baston". Si l’action demeure ici, elle est beaucoup mieux articulée.

Charpie est présenté comme un robot à l’esprit enfantin qui doit être éduqué. Il va devenir le fruit d’une initiation dont l’aboutissement sera le sauvetage des valeurs humaines. Une constance dans le cinéma de Blomkamp, ses héros sont toujours des parias salvateurs. Une belle leçon d’humanité, dont le secret, très bien entretenu, se révèle dans les derniers instants. On vous laisse la primeur de la découverte, inattendue. Insistons sur la prestation des quatre membres du groupe rap sud-africain Die Antwoord, avec Ninja Vister et Landi Visser, absolument terrifiants et fascinants. La très grande réussite d’une science-fiction à la fois ludique et adulte.