"Casablancas, l'homme qui aimait les femmes" : le monde du mannequinat magnifié

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/06/2016 à 16H58, publié le 28/06/2016 à 16H17
John Casablancas, l'homme qui aimait les femmes © Jacques Silberstein

John Casablancas est le créateur de l'agence de mannequins "Elite" qui a élevé au rang de star Cindy Crawford ou encore Naomi Campbell dans les années 80. Le réalisateur Hubert Woroniecki a décidé de consacrer son premier documentaire, divertissant mais trop policé, à ce personnage haut en couleur qui a mené une vie entourée de femmes à qui il vouait une éternelle admiration.

La note Culturebox

3
3/5
John Casablancas c'est l'homme qui aimait les femmes, comme le dit si bien le titre du documentaire, il est le père de Julian Casablancas, le leader du groupe rock "The Strokes" et l'homme qui a élevé les mannequins au rang de stars et de tous les fantasmes. Cindy Crawford, Stéphanie Seymour ou encore Naomi Campbell, il les a poussées sous les feux de la rampe. Le film d'Hubert Woroniecki raconte son histoire, entre documentaire et fiction.

Avec sa voix grave et son fort accent européen, John Casablancas nous transporte dans les tumultes de sa vie entre 1942, son année de naissance, et l'an 2000, date à laquelle il prend sa retraire. On a le sentiment que c'est le fondateur de l'agence de mannequins Elite (en 1972) et non le réalisateur Hubert Woroniecki qui mène la danse et nous transporte dans cet univers de paillettes. Avant John Casablancas, les mannequins étaient secondaires, aujourd'hui elles importent parfois plus que la marque qu'elles portent.
Le film "Casablancas, l’homme qui aimait les femmes": l'anniversaire

Le film "Casablancas, l’homme qui aimait les femmes": l'anniversaire

© Jacques Silberstein

Plongée jouissive dans un monde de divertissement et de paillettes

Hubert Woroniecki effectue un travail de recherche impressionnant. Le documentaire est intégralement composé d'images d'époque qu'elles soient issues de la collection privée familiale de John Casablancas ou bien d'émissions télévisuelles américaines où l'agent et ses mannequins faisaient le show. De temps à autre, il apparait dans des séquences animées, des moments clés de sa vie. Elles s'intègrent parfaitement dans le récit et alimentent cette zone trouble, entre réalité et fiction.

John Casablancas entretient tellement son image, qu'il en devient une caricature. Il s'entoure des plus belles femmes, organise des soirées toujours plus extravagantes, sillonne les Etats-Unis à la recherche des mannequins qui feront craquer la planète. Il mène une vie dont beaucoup rêvent, dans un monde idéalisé qui joue avec les codes divertissement. Tout semble parfait dans le meilleur des mondes.
Casablancas, l’homme qui aimait les femmes en salles le 29 juin 2016

Un récit auto-centré qui manque de témoignages extérieurs

Seul l'homme qui aimait les femmes a le droit à la parole dans ce documentaire à la première personne. Plusieurs mois avant sa mort, en juillet 2013, John Casablancas a passé trois jours avec le réalisateur afin d'enregistrer sa voix. Même si le documentaire est extrêmement plaisant, le spectateur peut regretter l'absence d'un deuxième point de vue sur l'évolution des mannequins devenus de top models puis des super models. Même si le fameux documentaire de la BBC en 1999, qui jetait une ombre sur l'image des mannequins, avec des affaires de drogue et de prostitution, est mentionné, le spectateur éprouve un sentiment d'inachevé. On n'a ici de la mode, que la vision "Amour, Gloire et Beauté". 
Le film 'Casablancas, l’homme qui aimait les femmes" : Monica Paulina

Le film 'Casablancas, l’homme qui aimait les femmes" : Monica Paulina

© John Casablancas
Le film est une véritable lettre d'amour de John Casablancas aux femmes qu'il a aimé (jusqu'à se ruiner), notamment Stéphanie Seymour. Mais la parole n'est pas donnée à cette dernière, ni à Gisèle Buchen, Naomi Campbell ou encore Cindy Crawford. On ne saura ni comment elles ont connu le créateur de l'agence Elite, ni si elles éprouvent une certaine reconnaissance à son égard. Le film s'apparente à un testament posthume de l'homme qui a chamboulé les codes de la mode.  

Affiche John Casablancas © UFO Distribution

 

LA FICHE

Documentaire d' Hubert Woroniecki (Français) – Durée : 1h29 - Sortie : 29 juin 2016
Synopsis : En créant l’agence Elite dans les années 70, John Casablancas invente le concept de "super Top model". Si des noms comme Naomi, Cindy, Linda, Iman, Gisèle ou Kate font aujourd’hui partie de la culture populaire, c’est en grande partie grâce à lui. Il a vécu la vie dont beaucoup rêvent, entouré de glamour et de beauté. Il raconte ici son histoire.