"Braqueurs" : virée percutante avec Sami Bouajila et Kaaris chez les voyous des temps modernes

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/05/2016 à 18H19, publié le 04/05/2016 à 17H55
Sami Bouajilia dans "Braqueurs"

Sami Bouajilia dans "Braqueurs"

© SND

Pour son nouveau long métrage, Julien Leclercq nous propose une plongée convaincante dans le grand banditisme. Un film solide et efficace.

La note Culturebox

3
3/5
Un bois. Quatre hommes. Des explosifs. La scène d'entrée pourrait résumer à elle seule, tout le film. Un monde de mecs. Un monde de brutes. Un monde où chacun est un loup pour l'autre. Après "L'Assaut", consacré à l'intervention du GIGN sur un Airbus d'Air France alors détourné par un commando islamiste, ou "Gibraltar", contant l'histoire d'un expat' devenant agent d'infiltration pour le compte des douanes françaises, Julien Leclercq continue de creuser son sillon du polar musclé. Mais cette fois, les flics ont disparu. Contre les braqueurs de fourgon s'élèveront d'autres malfrats. Les dealers, comme le souligne lourdement le sous-titre, "Braqueurs contre Dealers".
 

Mutique

Dans la peau des braqueurs, Yanis (Sami Bouajila), Eric (Guillaume Gouix), Nasser (Youssef Hajdi) et Franck (David Saracino). Le foot sur les terrains synthétiques de banlieue. Le grec du coin. Les soirées un peu arrosées. Leur quotidien. Même si chacun vit sa vie, entre les attaques, un peu à sa façon.
 
Yanis, en voyou mutique, mature et solitaire, passant ses soirées sur son tapis de course, dans son petit appartement parisien dépouillé. Eric, le spécialiste des explosifs, qui vivote dans une caravane, s'occupant, entre son boulot, les braquos, la prison et les médoc, de sa femme et de son jeune fils. Nasser, le bon pote dont on ne sait pas grand-chose et Franck, le loubard mesuré, restaurateur et vivant une histoire d'amour avec la sœur du premier.

Sami Bouajila et Baya Belal dans "Braqueurs" © SND

Efficace

Eux, ne font que dans le véhicule blindé. "La tune, les putes, j'en ai rien à foutre. Moi ce qui me fait bander, c'est le braquage de fourgon", comme le souligne impavide, implacable, Sami Bouajila. Un personnage froid, précis, déterminé mais qui ne pourra pas empêcher son petit frère de commettre une erreur de jeunesse. Une erreur fatale. Et les voilà embarquer dans une spirale infernale, des cages d'escaliers poisseuses de Sevran au bitume humide d'une Départementale, obligés de commettre un braquage de "go fast" pour Kaaris qui joue les dangereux caïds de cité. Tout ça va mal finir. On le sait. On le sent. Ce qui n'empêche pas au film d'être convaincant et efficace, de bout en bout.
 
Et ce malgré un scénario pas toujours très crédible et une mise en scène plutôt classique. Il n'empêche, grâce à la prestation encore époustouflante d'un Sami Bouajila qui prendrait presque des airs de l'impassible Delon du "Samouraï", à la faveur d'un montage énergique et de lenteurs intelligemment placées dans les moments où la tension atteint son climax, ce "Braqueurs" nous propose un voyage intense et percutant chez ces voyous des temps modernes.

LA FICHE

Polar de Julien Leclercq - Avec Sami Bouajilia, Guillaume Gouix, Kaaris et Youssef Ajdi – Sorite le 4 mai 2016 - Durée : 1h21.

Synopsis : Yanis, Eric, Nasser et Frank forment l’équipe de braqueurs la plus efficace de toute la région Parisienne. Entre chaque coup, chacun gère comme il peut sa vie familiale, entre paranoïa, isolement et inquiétude des proches. Par appât du gain, Amine, le petit frère de Yanis, va commettre une erreur... Une erreur qui va les obliger à travailler pour des caïds de cité. Cette fois, il ne s'agit plus de braquer un fourgon blindé, mais un go-fast transportant plusieurs kilos d'héroïne. Mais la situation s’envenime, opposant rapidement braqueurs et dealers…

Affiche "Braqueurs" © SND