"Baby Boss" : le cauchemar du fils unique

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/03/2017 à 15H23, publié le 26/03/2017 à 15H15
"Baby Boss" de Tom McGrath

"Baby Boss" de Tom McGrath

© Twentieth Century Fox France

Le nouveau Dreamworks explore avec humour et culot un terrain relativement vierge dans le domaine des grandes productions d'animation : le thème de la rivalité fraternelle, l'arrivée du petit frère ou de la petite sœur qui va briser le cocon du triangle familial. Mais l'intrigue choisie pour nous tenir en haleine est malheureusement moins inspirée.

La note Culturebox

3
3/5
A 7 ans, Tim profite allègrement de son statut de fils unique. Se sent-il un peu seul, n'aimerait-il pas un frère ou une sœur pour jouer et se tenir les coudes face aux petites et grandes complications de l'existence ? Euh, non merci, tout va bien, répond le gamin. Pour lui, le bonheur, c'est ici et maintenant, papa, maman et lui. Un triangle protecteur que rien ne peut briser…

En plein déni, Tom va mettre du temps à comprendre que l'arrondi du ventre de sa mère cache quelque chose et qu'un nouveau venu va bientôt tout chambouler. Et il le prend mal. A vrai dire, on peut le comprendre, car "Baby Boss" est un bébé qui cache bien son jeu et semble avoir pour unique objectif de faire vaciller et souffrir son grand-frère.
Voilà un thème bien réel auquel la plupart des familles ont été confrontées un jour ou l'autre. Pas facile de partager ses parents, de ne plus être le centre du monde. La jalousie, le rejet, le sentiment d'abandon… Avant Tom, bien des enfants sont passés par ces phases.

Tom McGrath à l'origine de l'énorme réussite de "Madagascar" et de "Megamind" s'est inspiré du livre de Marla Frazee, "The Boss Baby"… Et tout le début de son film est particulièrement convaincant, tout en restant un divertissement très drôle et rythmé. Le réalisateur a pris les choses très à cœur : il dit avoir adressé, à travers "Baby Boss", une lettre d'amour à son grand frère… car le plus jeune, c'était lui. Le nouveau. Le Boss.

On reste plus circonspect sur le chemin qu'emprunte ensuite le film, qui, pour fédérer le public le plus jeune, a besoin de s'appuyer sur un scénario riche en rebondissements. Le voilà qui nous embarque dans une intrigue assez capilo-tractée : un complot ourdi par un méchant revanchard prévoit un "grand remplacement", celui des nourrissons par des chiots ! Et là, c'est franchement moins réussi, moins pertinent.
Baby Boss - © DreamWorks Animation LLC. All Rights Reserved
Histoire de vraiment toucher tous les publics susceptibles de se trouver dans la salle, Tom McGrath ajoute une couche de lecture - assez amusante, celle là - réservée aux seuls adultes, pour qui le mot DRH, par exemple, a un sens. Une critique assez rentre-dedans du monde de l'entreprise… Faute de 3 D, nous voici donc rendus aux 3 C, trois couches de films, qui s'agglomèrent pour un résultat correct, mais qui ne fera pas de ce "Baby Boss" un chef d'oeuvre historique de la grande maison américaine désormais propriété du cablo-opérateur géant Comcast. Dans un genre différent, "M. Peabody et Sherman" (2014) était plus surprenant et tenait davantage le cap sur toute la durée du film.

LA FICHE

Film d'animation américain de Tom McGrath – Durée : 1h37 – Sortie : 29 mars 2017

Synopsis : C'est toujours un choc de voir ses parents rentrer à la maison avec un bébé dans les bras – surtout quand il porte une cravate, qu’il se balade avec un attaché-case et qu’il a la voix d’un quinquagénaire ! Si Tim, 7 ans, ne voit pas d’un très bon œil ce «Baby Boss» débarquer chez lui, il découvre qu’il a en réalité affaire à un espion et que lui seul peut l’aider à accomplir sa mission ultra secrète… Car Baby Boss se prépare à un affrontement titanesque entre les bébés et…. les toutous, charmants petits chiots qui vont bientôt être vendus pour remplacer les bébés dans le cœur des parents !