"Astérix-Le Domaine des Dieux" : Alexandre Astier nous offre une divine surprise

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 24/11/2014 à 10H30, publié le 22/11/2014 à 09H00
"Astérix - Le Domaine des Dieux" de Louis Clichy et Alexandre Astier

"Astérix - Le Domaine des Dieux" de Louis Clichy et Alexandre Astier

© M6 Studio, Belvision, M6 Films et SND

Succès international de la bande dessinée, franchise lucrative en dessin animé ou avec des acteurs, "Astérix" est un phénomène. "Le Domaine des Dieux" est réalisé pour la première fois en animation numérique, accompagné d'une sortie 3D. Son réalisateur Louis Clichy, avait participé chez Pixar à "Là-Haut" et "Wall-E". Son coréalisateur Alexandre Astier, sort tout droit de "Kaamelott". Une réussite.

La note Culturebox
4 / 5                  ★★★★☆

Film d'animation de Louis Clichy et Alexandre Astier (France/Belgique), avec les voix de : Roger Carel, Guillaume Briat, Lorànt Deutsch, Laurent Lafitte, Alexandre Astier, Alain Chabat, Elie Semoun, Géraldine Nakache, François Morel, Florence Foresti - 1h22 - Sortie : 26 novembre 2014

Synopsis : Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur. Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de tactique : puisque ses armées sont incapables de s’imposer par la force, c’est la civilisation romaine elle-même qui saura  séduire ces barbares Gaulois. Il fait donc construire à côté du village un domaine résidentiel luxueux destiné à des propriétaires romains : "Le Domaine des Dieux". Nos amis gaulois résisteront-ils à l’appât du gain et au confort romain ? Leur village deviendra-t-il une simple attraction touristique ? Astérix et Obélix vont tout faire pour contrecarrer les plans de César.
"Astérix - Le Domaine des Dieux" : la bande-annonce

Adaptation fidèle
"Astérix - Le Domaine des Dieux" est le huitième film d'animation ayant pour héros l'irréductible gaulois depuis 1967. C'est indéniablement le meilleur de cette veine, jusqu'à présent réalisée en animation traditionnelle. On pouvait s'attendre au pire en passant au numérique, tant cette technique est synonyme de froideur, contraire aux atmosphères chaleureuses des albums de Goscinny et Uderzo. C'est une des bonnes surprises du film : le graphisme est respectueux de l'original et l'animation évite une fluidité trop huilée.

Reportage : D. Poncet, N. Berthier / P. Gibault, S. Korwin

On retrouve donc très vite l'ambiance de la bande dessinée, "Le Domaine des Dieux" s'avérant un des meilleurs albums d'"Astérix". C'est d'ailleurs ce qui a motivé Alexandre Astier à initier sa réalisation, puisque cet opus est son préféré. Dès l'ouverture, le rythme est enlevé, avec une chasse au sanglier mouvementé où Astérix et Obélix se disputent un spécimen. Cette dynamique ne quittera plus le film, ponctué de moult péripéties plus inventives les unes que les autres, calquées sur l'album original, dont l'esprit est respecté.

"Astérix - Le Domaine des Dieux" de Louis Clichy et Alexandre Astier

"Astérix - Le Domaine des Dieux" de Louis Clichy et Alexandre Astier

© M6 Studio, Belvision, M6 Films et SND
Occupation
Le casting des voix est particulièrement choisi, avec toujours Roger Carel en Astérix (pour la dernière fois), qui le double depuis 1967 et "Astérix le Gaulois", Lorànt Deutsh dans le rôle de l'architecte, Laurent Lafitte dans celui du leader des esclaves (hilarant), Alain Chabat en Senateur Prospectus, Elie Semoun en chef de cohorte, François Morel, Alexandre Astier, Géraldine Nakache, Florence Foresti… La classe. Seul regret : l'absence de Pierre Tornade, suite à son décès en 2012, qui doublait Obélix depuis 1967, remplacé par Guillaume Briat, qui ne démérite pas.

Le scénario du "Domaine des Dieux" est des plus astucieux et repose sur une allégorie transparente sur la collaboration durant l'Occupation, les Gaulois de l'irréductible village armoricain cédant aux "charmes" de la civilisation romaine. René Goscinny, scénariste de la bande-dessinée de 1971, a connu cette période à Paris, et a sans doute voulu transposer dans son univers loufoque cette période sombre. Mais on y trouve également une critique de l'appât du gain, caractéristique de nos sociétés occidentales. Le tout est évidemment enrobé de drôlerie, souvent irrésistible, avec une conception visuelle de toute beauté, par Toutatis !