"A most violent year" de JC Chandor : quand la guerre du fioul enflamme New York

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Publié le 31/12/2014 à 16H27
Détail de l'affiche de "A most violent year"

Détail de l'affiche de "A most violent year"

© StudioCanal

Nouveau venu dans le business de la distribution de fioul aux particuliers, un entrepreneur new-yorkais dérange ses concurrents. Harcelé, il s'accroche en essayant de résister aux pratiques mafieuses. J. C. Chandor réussit ici un remarquable troisième film, porté par un somptueux duo d'acteurs et par la magnifique lumière d'un New York hivernal.

La note Culturebox
4 / 5                  ★★★★☆

Thriller américain de J.C. Chandor – Avec Oscar Isaac, Jessica Chastain, David Oyelowo, Albert Brooks et Elyes Gabel – Durée : 2h05 - Sortie : 31 décembre 2014

Synopsis : New York - 1981. L'année la plus violente qu'ait connu la ville. Le destin d'un immigré qui tente de se faire une place dans le business du pétrole. Son ambition se heurte à la corruption, la violence galopante et à la dépravation de l'époque qui menacent de détruire tout ce que lui et sa famille ont construit.

Après les excellents "Margin Call" et "All it lost", JC Chandor poursuit à 39 ans son parcours sans faute, signant ici un film magnifique et tendu dans la lumière si particulière du New York hivernal.

"Eh, Monsieur je-suis-le-rêve-américain !" lance Anna Morales (Jessica Chastain) à son mari Abel (Oscar Isaac). Tout est là, ou presque. Marié à "la fille d'un petit gangster de Brooklyn", Abel a développé une petite entreprise qui, jusque là, n'a pas connu la crise, sans céder à la tentation des pratiques quasi-mafieuses de son milieu. Son business, c'est le fioul. Et il gagne jour après jour des parts de marché, devenant peu à peu le concurrent à abattre, harcelé de toutes parts.

"A most violent year" - © StudioCanal


A l'instar de certains matches de foot, "A most violent year" se joue sur un faux rythme. Le film est délibérément lent, mais il est brûlant, d'une intensité exceptionnelle. S'il s'inscrit dans la grande famille des films de gangsters, on en voit finalement très peu. Ici, ce n'est pas pour la drogue, l'alcool, le tabac ou des produits de luxe que l'on s'écharpe, mais pour le marché du fioul dans les zones pavillonnaires de la banlieue new-yorkaise. Le produit n'est pas le plus sexy, mais les enjeux tout aussi colossaux. Et tous les protagonistes habituels sont là : les grandes familles, les hommes de mains, le puissant syndicat des camionneurs, et un procureur tenace.

On attendait Jessica Chastain et elle est au rendez-vous, parfaite comme toujours. Mais c'est Oscar Isaac qui crève l'écran. Second choix de J.C. Chandor qui avait initialement ciblé Javier Bardem, il porte le film avec une sobriété presque intrigante. Toujours debout au milieu d'un univers qui s'effondre, costume croisé et manteau camel, il est un étonnant anti-héros, tenu par sa double volonté de réussir quoi qu'il arrive et de rester "clean".

"A most violent year". © StudioCanal


Soutenu par une bande-son discrète et lancinante, "A most violent year" réussit à surprendre dans un genre tellement visité. L'image d'une grande qualité, la direction d'acteurs et le scénario impeccables… Rien ne cloche. Une véritable réussite.