Crise de la post-production : 61 films aux urgences

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 22/12/2011 à 19H54
L'acteur Pierre Clémenti dans une salle de montage en 1980

L'acteur Pierre Clémenti dans une salle de montage en 1980

© FAUX CATHERINE/SIPA

Une réunion s'est tenue jeudi au Centre national du cinéma (CNC) sur l'avenir de films en cours de post-production dans des sociétés en liquidation, au nombre de 61 et non 36 comme estimé initialement, certains devant sortir dès le mois prochain.

Lourdes incertitudes
Cette réunion de l'ensemble des professionnels "était vraiment importante, parce qu'elle a permis d'aborder l'ensemble des difficultés des industries techniques", et "de progresser sur certains de ces chantiers", a indiqué le président du CNC Eric Garandeau.

Concernant la situation des "films frais" (qui doivent sortir bientôt), la "plus difficile", "on est assez confiant dans la capacité dans les jours et les semaines qui viennent de pouvoir trouver des solutions", a-t-il ajouté, soulignant qu'il fallait commencer par les films "qui sont dans la situation d'urgence la plus grande".

La récente fermeture de laboratoires du groupe Quinta Industries - LTC, Duran Dubois, SIS et Scanlab - chargés des copies des films quand ils sont prêts, ou de leur montage et effets spéciaux quand ils sont en post-production, fait peser de lourdes incertitudes sur ces films, qui pourraient voir leur sortie en salles retardée.

Une monteuse au travail dans une salle de montage

Une monteuse au travail dans une salle de montage

© PHOTOPQR/LE COURRIER DE L'OUEST / LAURENT COMBET

Prise de conscience
Le CNC a attiré l'attention du liquidateur sur la nécessité de traiter les films par degré d'urgence en fonction de leur date prévisionnelle de sortie en salle", ajoute le communiqué, précisant que "sur les 61 films concernés, 16 ont une sortie prévue d'ici la fin janvier 2012. Six d'entre eux ont d'ores et déjà vu leur situation réglée positivement".

Le président de la Fédération des industries du cinéma (Ficam), Thierry de Segonzac, a souligné de son côté que "pour la première fois, tout le monde a vraiment pris conscience de la gravité de la situation".

"On a pu vraiment évaluer que les 36 films que nous évoquions en danger n'étaient finalement pas 36 mais 60, et qu'il y avait véritablement péril en tout cas pour un certain nombre d'entre eux", a-t-il estimé.

"Aujourd'hui, on peut considérer qu'on a les moyens de sauver ces 60 films", a-t-il ajouté, estimant cependant qu'"il va y avoir des problèmes de surcoût, de délais avec de gros risques dans ce domaine". Une nouvelle réunion de concertation est convoquée le 9 janvier.