La vitalité du jeune cinéma chinois au Festival International du Court métrage

Par @Culturebox
Publié le 06/02/2015 à 11H39
La Lampe au beurre de Yak qui a reçu le Grand Prix du Festival International du Court Métrage en 2014 est nommé dans la catégorie Meilleur court-métrage aux Oscars  2015

La Lampe au beurre de Yak qui a reçu le Grand Prix du Festival International du Court Métrage en 2014 est nommé dans la catégorie Meilleur court-métrage aux Oscars  2015

© Première

La Chine est à l'honneur de ce 37e festival du court métrage de Clermont-Ferrand. 29 films décrivant la Chine contemporaine sont projetés cette année . Certains faits sous le manteau, d'autres beaucoup plus officiels.

Avant la clôture de cette 37e édition, un focus s'impose sur un cinéma peu connu en France et largement représenté pour la première fois à Clermont-Ferrand : le court métrage chinois. Si depuis une dizaine d'année, un ou deux films courts chinois ont quand même fait partie de la programmation, cette année, c'est une véritable rétrospective de 29 films qui est présentée à Clermont.

Grâce au développement du numérique et d'internet, il est désormais plus simple de découvir le cinéma chinois, car de plus en plus de films passent entre les mailles de la censure. Inutile de rappeler que pour un film chinois, obtenir le visa de sortie obligatoire du département de la propagande relève du vrai parcours du combattant ! 


Reportage : Richard Beaune - Valérie Mathieu - Laurent Pastural 

29 films chinois sélectionnés 

Parmi les 29 films sélectionnés, "The Questioning" ou littéralement "Apprivoiser le dragon"  de Rikun Zhu. Ce film est indiffusable en Chine parce que l'une des scènes a été tournée en caméra cachée par le réalisateur. Pendant 20 longues minutes, 
Rikun Zhu, défenseur des droits de l'homme, est interrogé dans sa chambre d'hôtel par une équipe de policiers.

"Dinosaur Rider" de la jeune réalisatrice Ting Liu fait, lui, découvrir une jeunesse punk, s'ennivrant des Sex Pistols, une musique arrivée dans le pays depuis une dizaine d'années seulement.  
Pris en étau entre la pression économique liée à l'industrie du cinéma, et le respect des réglements imposés par les autorités, le cinéaste Wang Bing, membre du jury Labo cette année, convient de la difficulté de faire des films. "Il faut beaucoup de créativité, et trouver une autre façon de filmer pour faire passer notre message". Pour garder sa liberté, celui qui enchaîne les documentaires et les fictions sur son pays et ses laissés pour compte, est obligé de chercher des financements à l'étranger. 

Un cinéma chinois dynamique mais sous contrôle

Si la Chine est prolixe avec 500 longs métrages produits chaque année, le cinéma indépendant reste, lui, confidentiel... parce qu'il n'est pas autorisé. Le seul festival qui lui est consacré a été interdit à Beijing cette année. Et il ne peut pas compter sur l'adhésion du grand public local : si les Chinois arrivent juste derrière les Américains en termes de "consommation" de films (le box-office explose avec une hausse de 36% des ventes de tickets de cinéma en 2014), ils sont surtouts friands de blockbusters locaux et américains. Le goût des Chinois pour un autre cinéma n'est pas encore là.


"La Jetée" 
6, place Michel-de-l'Hôpital 
63058 Clermont-Ferrand Cedex 1 
Tél. 04 73 91 65 73
info@clermont-filmfest.com