Houellebecq joue les otages dans une comédie pour Arte

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/08/2014 à 12H12, publié le 21/08/2014 à 11H31
Michel Houellebecq dans "L'Enlèvement de Michel Houellebecq" de Guillaume Nicloux

Michel Houellebecq dans "L'Enlèvement de Michel Houellebecq" de Guillaume Nicloux

© Caramel Films

"Je ferais un otage assez correct", dit le prix Goncourt 2010 qui joue son propre rôle dans "L'Enlèvement de Michel Houellebecq", comédie loufoque et touchante aux allures de documentaire, qui sera diffusée mercredi 27 août à 22h15 sur Arte.

Ce film de Guillaume Nicloux, réalisé pour la chaîne de télévision franco-allemande, prend pour point de départ une rumeur, en septembre 2011, concernant un possible kidnapping de l'écrivain, absent d'un colloque où il était invité. "Je n'ai eu connaissance de cette rumeur qu'après coup", explique Michel Houellebecq, en présentant ce docu-fiction.
"L'Enlèvement de Michel Houellebecq" : extrait
L'auteur des "Particules élémentaires" se retrouve kidnappé par un trio de pieds-nickelés - un Gitan obèse et impulsif, un body-builder à fleur de peau et un adepte du free-fight - qui le séquestrent dans un petit pavillon du Loir-et-Cher.

De dîners bien arrosés en tête-à-tête savoureux se noue entre les petits malfrats et Houellebecq une relation truculente, à coups de dialogues parfois surréalistes et le plus souvent hilarants.

"La tonalité du film a été donnée par les personnages eux-mêmes. On inventait en faisant. Je n'ai pas choisi que cela aille vers la comédie, ni vers l'empathie entre otage et ravisseurs", souligne Nicloux. "C'est juste arrivé. Et le syndrome de Stockholm inversé n'était pas préétabli dans le scénario", assure-t-il. 

Les parents septuagénaires d'un des ravisseurs, Ginette et Dédé, un mécano polonais et une jeune prostituée nommée Fatima complètent cette petite communauté dans laquelle "Michel", comme tout le monde l'appelle, laisse libre cours à ses considérations sur "Le Seigneur des Anneaux", Lovecraft, la paternité, la démocratie représentative ou le milieu littéraire qui "ne fait pas trop dans la coke, mais volontiers dans la pédophilie"...
"L'Enlèvement de Michel Houellebecq" à la Berlinale (sujet vidéo Arte)
Dans le film, "c'est ma fonction d'écrivain qui est mise à nu. Ecrivain, c'est un métier qui intrigue", relève Houellebecq. Et je pense que j'aurais réagi à peu près comme ça s'il s'était agi d'un véritable enlèvement", ajoute-t-il. "Et puis, je me suis trouvé drôle par moment!", sourit l'écrivain.

"Je ne pense pas me servir de cette expérience dans un livre, mais qui sait?", déclare encore l'auteurr de "La carte et le territoire" qui lui valut le Goncourt.

"Ce qui m'a donné envie de faire ce film, c'est Michel Thomas (le vrai patronyme de l'auteur), pas Houellebecq. Ce qui m'intéressait, c'est la personnalité de Michel, de le confronter à des personnages hauts en couleur et de voir ce qui allait se produire", explique Guillaume Nicloux..

"En vérité, je ne suis pas si mécontent de ma vie. Ca pourrait s'arrêter, je m'en ficherais", dit le romancier et poète, héros d'un autre film, "Near Death Experience", réalisé par Benoît Delépine et Gustave Kervern, en salles le 10 septembre. "Les deux projets m'ont été proposés en même temps", dit-il.