Brad Pitt, cet acteur de l'ombre

Par @Culturebox
Publié le 24/12/2015 à 18H28
Brad Pitt dans "The Big short"

Brad Pitt dans "The Big short"

© 2015 Paramount Pictures / Collection ChristopheL

Dans "The Big short", Brad Pitt campe une énième fois un rôle plutôt secondaire. Après "Thelma et Louise", Sleepers", ou "Fight Club", l'acteur est certainement l'un des meilleurs seconds rôles du cinéma d'aujourd'hui. Le simple fruit du hasard ? Pas si sûr.

Qui est vraiment Brad Pitt ? La tête d'affiche hollywoodienne qui égrène les rôles-titres ou un acteur qui aime à rester dans l'ombre pour faire briller ses partenaires ? Certainement un peu des deux. Dans "The Big short", le film d'Adam McKay sorti cette semaine, Brad Pitt joue un trader désabusé qui revient aux affaires pour chaperonner deux jeunes louveteaux qui entendent bien lancer leur carrière à Wall Street.
 
Sorte de repenti bienveillant et modèle d'humanité un peu en marge dans ce cocon économique où règne la loi du plus fort. Le rôle du mec bien, simple, généreux et un peu effacé. "Mais un personnage clef de l'intrigue", précisait Adam McKay à Johanna Schneller, journaliste pour le site "The globe and mail".  

JD, l'autostoppeur aguicheur

Repéré dans une publicité pour Levi's, le comédien sort complètement de l'ombre en 1991 grâce à un tout petit rôle que lui confie Ridley Scott pour le film "Thelma et Louise". Celui de JD, jeune et aguicheur autostoppeur. Quinze petites minutes d'apparition où il va littéralement crever l'écran et qui lanceront définitivement sa carrière à Hollywood.
Deux ans plus tard, on le retrouve dans le "True Romance" de Tony Scott, le petit frère de Ridley. Une histoire d'amour, de sexe, de drogues et d'ultra-violence scénarisée par Tarantino. Et si personne n'a oublié les prestations exceptionnelles de Christian Slater et Patricia Arquette, certains se rappellent peut-être aussi de Floyd, le colocataire camé, vissé à son canapé informe, avec sa dégaine de loser et sa barbichette.
 
Dans l'une des scènes les plus marquantes du film, on peut d'ailleurs voir Brad Pitt, complètement stone, affalé dans son canapé fétiche tirant sur son bang alors que débarque une joyeuse bande de loubards vestes en cuir, pétoires et lunettes noires provoquant l'hilarité de Floyd.

Films de groupe

Trois ans après, c'est dans "Sleepers" de Barry Levinson qu'on le retrouve. L'histoire atroce de quatre gamins d'un quartier populaire de New York incarcérés dans une maison de redressement et des sévices qu'ils vont y subir infligés par un gardien sadique et tortionnaire (Kevin Bacon).
 
Brad Pitt était un de ces gamins, devenu plus tard substitut du procureur. Un substitut qui fera tout pour protéger deux de ses anciens potes accusés du meurtre d'un gardien. Le premier film de groupe pour l'acteur alors âgé de 33 ans qui partageait l'affiche avec Robert De Niro, Dustin Hoffman, Vittorio Gassman ou Jason Patric.

Bien d'autres suivront. "Snatch" de Guy Ritchie en 2000 où deux intrigues se mêlent autour d'un diamant volé par Franky "Quatre doigts" et recherché par plusieurs malfrats et l'autre autour d'un piètre organisateur de combats à mains nus qui a quelques soucis avec la pègre londonienne. Brad Pitt joue le rôle de Mickey, un gitan irlandais, têtu, boxeur et hargneux. Alors, "t'aimes les chiants ?".

"Il suffit qu'une histoire m'intrigue pour que je fonce"

Autres films de groupe pour l'acteur, la Trilogie Ocean de Steven Soderbergh, qui débutera l'année suivante par "Ocean's Eleven". Il y est Rusty Ryan, petite frappe un peu goinfre, passé maître dans l'art du bluff et membre d'une équipe de dix malfrats composée par Danny (George Clooney). Leur ambition : cambrioler simultanément les trois plus gros casinos de Las Vegas.

Des films de potes un peu barrés dans lesquels Brad Pitt semble se complaire. Mais l'acteur assure aussi surtout choisir ses rôles en fonction de leur intérêt dans l'histoire. Premier ou second rôle, peu importe pour lui. "Jouer, c'est pour moi l'essentiel. Je suis attaché à certaines histoires, à certains personnages. Il suffit qu'une histoire m'intrigue pour que je fonce", confiait-il en novembre dernier au site Variety.
 
Grand ou petit rôle, Brad Pitt a toujours été une clef dans l'intrigue. Comment dans cette perspective ne pas parler de "Fight Club" de David Fincher ? Dans ce film, existe-t-il d'ailleurs réellement ? Première règle du Fight Club, il est interdit de parler du Fight Club. Seconde règle du Fight Club, il est interdit de parler du Fight Club.