Berlinale: Ours d'or pour "Cesare deve morire" des frères Taviani

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 18/02/2012 à 16H43
  • Paolo et Vittorio Taviani avec leur ours d'or 2012
  • Affiche de la Berlinale 2012
Précédent Suivant
Précédent Suivant
  • Paolo et Vittorio Taviani avec leur ours d'or 2012
    Paolo et Vittorio Taviani avec leur ours d'or 2012 © J.Eisele. AFP
  • Affiche de la Berlinale 2012
    Affiche de la Berlinale 2012 © Affiche de la Berlinale 2012

L'Ours d'or récompensant le meilleur film de la 62e édition de la Berlinale a été attribué samedi à "Cesare deve morire" des frères toscans Paolo et Vittorio Taviani. Le film du duo fraternel deux fois récompensé à Cannes (Palme d'Or 1977 avec "Padre Padrone" et Grand Prix pour "La Nuit de San Lorenzo" en 1982") est une libre adaptation du "Jules César" de Shakespeare, interprété par des détenus d'un quartier de haute sécurité.

Les frères Paolo et Vittorio Taviani ont toujours travaillé en duo et refusé de distinguer la part de l'un de celle de l'autre. "César doit mourir" leur est venu en assistant à une représentation de "L'Enfer" de Dante, au coeur de la centrale de Rebbibia à Rome.  "J'espère que quand ce film sera montré au public (...) certains en rentrant chez eux se diront, ou diront à des gens avec qui ils ont vu le film, que même des criminels endurcis, condamnés par exemple à la perpétuité, sont et restent des hommes", a-t-il lancé Paolo. "Cela a permis (aux prisonniers) pendant quelques jours de revenir à la vie. Cela n'a duré que quelques jours, mais ils ont fait ça avec une grande conviction et c'est à eu que va notre salut." La séance de casting, partie intégrante du film, avec les essais des détenus devant la caméra, est particulièrement savoureuse: y défile une humanité sans femmes, condamnée à de lourdes peines pour meurtres, trafic de drogue, contraventions multiples aux lois anti-mafia.

Un palmarès contesté par la presse
Dimanche, les commentateurs affirmaient que ce palmarès trop consensuel avait ignoré des films plus engagés. Attribuer l'Ours d'or à "César doit mourir" "est malheureusement un choix très conservateur dans une sélection officielle pleine de films jeunes, militants et politiques", une tradition de la Berlinale, écrivait le magazine Der Spiegel sur son site internet. "Juste le vent", film hongrois sur les Roms (prix spécial du jury), ou "L'enfant d'en haut", fable sociale de la franco-suisse Ursula Meier (mention spéciale du jury et Ours d'argent), auraient mérité mieux, selon la presse.

Le quotidien conservateur Die Welt était moins sévère, parlant d'un film "éminemment fort". "Il est fascinant d'y voir comment des criminels endurcis découvrir, à travers l'art, et pour la première fois, une réflexion sur leur propre vie". Mais attribuer l'Ours d'or à ces vieux routiers du cinéma "est dans une certaine mesure un mauvais signal au monde sur la Berlinale 2012", tant "il y avait une foule de jeunes talents en compétition", ajoutait le journal.

Pour le magazine professionnel américain Hollywood Reporter la victoire de "César doit mourir" représentait une "surprise de taille" quand la compétition offrait des films de jeunes réalisateurs comme le mélodrame portugais "Tabou", un ambitieux long-métrage en noir et blanc se déroulant dans le Lisbonne contemporain et dans l'Afrique coloniale.

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung titrait même "Seulement un Ours d'argent pour +Barbara+".+César doit mourir+ est un film dont les critiques craignaient plus qu'ils n'espéraient la victoire, (alors qu'ils étaient) nombreux, ainsi que beaucoup d'autres spectateurs du festival, à espérer que +Barbara+ l'emporte", estimait-il.

La Berlinale ferme officiellement ses portes dimanche soir avec la projection au public de l'Ours d'or.

Palmarès de la 62e édition de la Berlinale, rendu public samedi par le jury présidé par le réalisateur britannique Mike Leigh. Le jury avait à choisir parmi les 18 films en compétition projetés depuis l'ouverture le 9 février:

- Ours d'or du meilleur film: "Cesare deve morire" ("César doit mourir") des Italiens Paolo et Vittorio Taviani.
- Ours d'argent - Grand prix du jury: "Csak a szel" ("Juste le vent") du Hongrois Bence Fliegauf.
- Ours d'argent du meilleur réalisateur: l'Allemand Christian Petzold pour "Barbara".
- Ours d'argent de la meilleure actrice: la Congolaise (RDC) Rachel Mwanza dans "Rebelle" du Canadien Kim Nguyen.
- Ours d'argent du meilleur acteur: le Danois Mikkel Boe Folsgaard dans "A Royal affair" de son compatriote Nikolaj Arcel.
- Ours d'argent de la meilleure contribution artistique: la photo de "Bai lu yuan" du Chinois Wang Quan'an.
- Ours d'argent du meilleur scénario: "A Royal affair" du Danois Nikolaj Arcel.
- Prix Alfred Bauer, en mémoire du fondateur de "Tabu" du Portugais Miguel Gomes.
- Mention spéciale du jury: "L'Enfant d'en haut" de la franco-suisse Ursula Meier.
- Prix du meilleur premier film: "Kauwboy" du Néerlandais Boudewijn Koole.
- Ours d'or du meilleur court métrage: "Rafa" du Portugais Joao Salaviza.
- Ours d'argent du court métrage: "Gurehto Rabitto" du Japonais Atsushi Wada.
- Prix Teddy du meilleur film gay ou transgenre: "Keep the lights on" (Laisse la lumière allumée) de l'Américain Ira Sachs.
- Ours d'or d'honneur: l'actrice américaine Meryl Streep.
- Ours de cristal de la section Génération 14 plus (enfants et adolescents): "Arcadia" de l'Américaine Olivia Silver.