Béla Tarr l'alchimiste: rétrospective au Centre Pompidou

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 06/12/2011 à 12H17
Image du film de Béla Tarr "Satantango"

Image du film de Béla Tarr "Satantango"

© DR

Le Centre Pompidou propose tout le mois de décembre une rétrospective du réalisateur hongrois Béla Tarr. Un cinéaste à part, qui a reçu l’Ours d’argent du grand prix du jury à Berlin en février dernier pour son dernier film, « Le Cheval de Turin »

Né en 1955, Bela Tarr est un vrai auteur. Ses films, désormais en noir et blanc, se caractérisent par de longs plans d’une grande beauté visuelle. Son style s’est affirmé avec une adaptation de Macbeth pour la télévision en 1982, un film en deux plans dont un de 67 minutes.

Bela Tarr a filmé un temps les tourmentes conjugales, cadrant ses personnages de près (« Nid familial », 1977, « Rapports préfabriqués », 1982). Il a dit vouloir « comprendre la nature humaine, pourquoi nous sommes comme nous sommes ». Dans « Damnation » (1987), il suit un personnage renfrogné qui joue au chat et à la souris avec une chanteuse de cabaret. Il élargit alors le cadre autour de ses protagonistes.

Des films qui "s'habitent" et "se vivent"
Dans Satantango, le réalisateur expose les complots et trahisons qui agitent une coopérative agricole dans une campagne triste et humide. Pendant 7 heures, de très longs plans-séquences montrent les gestes élémentaires des personnages dans leur continuité. Un film qu’on pourra voir au Centre Pompidou en trois tranches de plus de deux heures.

Le dernier film de Béla Tarr, Ours d'argent à Berlin 2011, est sorti la semaine dernière sur nos écrans. « Le Cheval de Turin » commence avec une scène où Nietzsche, voyant un cheval se faire fouetter par son cocher, entoure son encolure en sanglotant.

Pour le critique de cinéma Jacques Guillot, les films de Béla Tarr « se voient moins qu’ils ne s’habitent et ne se vivent ».

Jacques Rancière a consacré un livre au réalisateur, « Béla Tarr, le temps d’après » (éditions Capricci). Pour lui, Béla Tarr est un des artistes majeurs du « temps d’après », qu’il définit comme celui où l’on s’intéresse moins aux histoires, à leurs succès et à leurs échecs qu’à l’étoffe sensible du temps où elles sont taillées. Le philosophe fera une conférence le mercredi 7 décembre sur le sujet.

Le programme de la rétrospective sur le site du Centre Pompidou (jusqu’au 2 janvier 2012)