Le réalisateur des Shadoks veut ouvrir une école d'animation à Rodez

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/04/2013 à 10H47, publié le 10/04/2013 à 10H16
Photo de la série télévisée "Les Shadoks"

Photo de la série télévisée "Les Shadoks"

© "Les Shadoks" épisode 1 / Capture d'écran Youtube Culturebox

René Borg, le célèbre réalisateur des "Shadoks", ces créatures-oiseaux à la logique pour le moins surprenante, s'est rendu au lycée François-d'Estaing de Rodez pour une rencontre avec les élèves. Ce sympathique octogénaire a trouvé dans la transmission de son savoir-faire une nouvelle vocation. Tombé littéralement amoureux de Rodez, il pense déjà à créer une école d'animation au coeur de la ville.

"Oum le dauphin blanc", "Ulysse 31", "Watoo Watoo", "Il était une fois ..." sont autant de séries d'animation cultes. Mais la plus cultissime d'entre toute reste la première réalisation majeure de René Borg : "Les Shadoks", diffusée en feuilleton entre 1968 et 1973 à la télévision française (à noter qu'une quatrième série a vu le jour en 2000).

Autant dire que ce monsieur est un véritable génie de l'animation, et un orateur de talent. Sa nouvelle passion : enseigner. Il est d'ailleurs professeur titulaire à Eurasiam, établissement d'Art et de Management spécialisé dans les relations interculturelles entre l'Europe et le Japon. Alors, que  vient faire Rodez dans tout ça ? Eh bien voila. Il paraît que René Borg souhaiterait y ouvrir une école. Une bien riche idée dans une France où les écoles d'animation poussent comme des champignons, mais ne se bousculent pas dans le sud-ouest. 

Reportage de L.Tazelmati, V. Galy, F.Pourre  
Shadoks forever ...  
Marre des formatages type baccalauréat. René Borg souhaite faire partager son savoir à des élèves ouverts d'esprit, fins dessinateurs ou scénaristes en herbes qui n'ont pas froid aux yeux. Avec "Les Shadoks", un "bébé" qu'il s'est disputé avec le créateur originel Jacques Rouxel, il a fait preuve d'une liberté de ton sans précédent qui a ravi toute une génération de spectateurs.

Les petits oiseaux évoluant dans un monde en 2D (eh oui la 3D ça casse tout, comme pour les jeux vidéos !), les gags et la richesse de l'univers développé ont fait des Shadoks de véritables héros. Ces figures totalement anthropomorphiques (rendues "vivantes" par la voix charismatique de Claude Piéplu) étaient assez proche de nous pour qu'on s'y reconnaisse, tout en maintenant une distance nécessaire.

A l'heure où la surrenchère est de rigueur dans le domaine de l'animation mondiale, "Les Shadoks" reste une référence. Le charme du dessin minimaliste et un humour qui fait mouche, en bref un savoir-faire authentique, sans fioriture, voilà ce qui manque cruellement aux nombreux produits formatés qui ornent nos écrans de télé et de cinéma. Je terminerai par l'inversion d'une devise Shadok : "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué". L'ironie et l'absurdité de ce propos se retrouve malheureusement trop souvent pris au sérieux ... 
"Les Shadoks", épisode 1 et 2
Pour l'heure, espérons qu'il ne soit pas trop "compliqué" pour René Borg d'ouvrir son école, qui serait la troisième dans le sud ouest avec Toulouse et Albi. Reste à trouver 15 élèves motivés, un local de 200 mètres carré, et la "modique" somme de 6 000 euros par élève et par an. Un petit pas pour Borg, un grand pas pour la décentralisation !