Cinéma d'animation : la french-touch s'exporte à Bombay

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 24/01/2012 à 14H46
Les triplettes de Belleville, beau succès de l'année 2003

Les triplettes de Belleville, beau succès de l'année 2003

© DR

Après une avoir connu quelques turbulences, le cinéma d'animation et la création de jeux vidéos font partie des secteurs porteurs en France. Depuis quelques années, dans ce domaine, la "french touch" s'exporte bien. La preuve en Inde, à Pune, où l'une des écoles les plus réputées de France a ouvert un campus dédié aux formations numériques. Une façon d'exporter le savoir-faire français et de répondre à un marché intérieur indien en pleine expansion.

En France, deux formations jouissent d'un rayonnement international en matière de film d'animation et de jeux vidéos : Les Gobelins Ecole de l'Image et Supinfocom Valenciennes. Cette dernière est sous la tutelle de la CCI de Valenciennes qui a choisi de développer une politique de franchisation de la marque "Supinfocom". Une école a ainsi été ouverte à Arles en 2000 puis en Inde. Le pays est en plein développement mais souffre d'une pénurie de compétences pour leur propre marché mais aussi pour des studios américains comme DreamWorks Animation ou Rythm'n Hues,implantés en Inde et qui recherchent des cadres pour leurs studios.
Mais pourquoi les indiens ont-ils fait appel aux français pour développer cette formation ? Interrogé en 2009 par nos confrères de Echos, Patrick Eveno, le directeur du célèbre festival de cinéma d'animation d'animation d'Annecy, avançait deux explications : " Les créateurs français ne se contentent pas d'appliquer des recettes, mais développent leur propre univers personnel". D'où une grande diversité dans les productions. Deuxième explication : " A la différence des Américains qui misent davantage sur la technologie, les français mettent d'abord l'accent sur l'esthétique et sur les qualités artistiques. Ils placent la technologie au service de l'image". Résultat : sur le marché international, les petits frenchies ont une excellente réputation. On retrouve d'ailleurs les jeunes diplômés qui sortent des écoles dans les grands studios américains, britanniques ou japonais. Mais aussi dans les compétitions internationales. La preuve en 2009. Cette année là, "Oktapodi", un dessin animé de 2'27", réalisé par 6 diplômés de l'Ecole des Gobelins a été sélectionné pour les Oscars à Hollywood dans la catégorie Films courts d'animation (mais c'est le japonais Kunio Kato qui a décroché la récompense).

L'arrivée de ce savoir-faire en Inde ne peut qu'être gratifiant mais il pose tout de même une question. En formant une main d'oeuvre indienne qui sera au final compétente, créative mais aussi meilleure marché en terme de coût de fabrication, ne crée t-on pas à long terme une concurrence pour les sociétés françaises d'animation ? L'avenir nous le dira.