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Au Festival d'Angoulême, l'horreur de la guerre dessinée sans relâche par Tardi

Publié le 30/01/2014 à 20H31, mis à jour le 31/01/2014 à 09H49
L'hooreur
© Vanessa Fize
Les festivaliers ne croiseront pas Jacques Tardi, il n'est pas homme à chercher les honneurs, et ne prise pas la foule, même bien intentionnée. Pour autant, Angoulême a tenu à rendre hommage dans une grande exposition à l'oeuvre de sa vie : ses dessins et récits sur le sanglant conflit de 14-18.

On compte les morts
© Vanessa Fize


"C'est trop atroce", dit une collégienne, alors qu'elle vient de visiter avec sa classe l'exposition. Les adolescents sont nombreux en ce premier jour de festival à découvrir l'oeuvre de Jacques Tardi. Ils évoluent de salle en salle dans silence religieux, concentrés, effarés parfois. il faut dire que le dessinateur a ouvert une fenêtre inédite sur le premier conflit mondial, en se plaçant à hauteur d'homme, de soldat, pour conter cette guerre dans ses moindres détails, pendant quatre décennies.

Visages défigurés par la guerre
© Vanessa Fize


Tardi, à 57 ans, n'en a sans doute pas fini de ce devoir de mémoire. Il a raconté à plusieurs reprises ce qui l'a poussé à fouillier, recueillir les paroles, les objets, les paysages du conflit : il n'avait que cinq ans quand sa grand-mère lui conta qu'un jour, à la guerre, son grand père avait buté contre un cadavre, dans une tranchée, et que ses mains s'étaient retrouvée dans les entrailles de l'homme. Un traumatisme, et une enfance qui se poursuivit en Allemagne, à jouer sur les ruines causées par une autre guerre : Tardi en fera plus tard une obsession créatrice.

Sur le champ de bataille
© Vanessa Fize


A Angoulême, son oeuvre s'étale dans toute sa grandeur sur les 600 mètres carrés du pavillon Moëbius. L'intégralité des deux volumes de "Putain de guerre", publiés en 2008 et 2009, est exposée en planches originales. Dans d'autres salles, on découvre des dessins de presse, des croquis préparatoires, des extraits d'un autre album, "Cétait la guerre des tranchées" (1993).

Une salle d'exposition
© Vanessa Fize


La minutie des dessins, la variété insoutenable des horreurs, mais aussi les légendes, les paroles prononcées par les pauvres soldats, ont plus de force que tous les manuels scolaires réunis, même si l'auteur n'a jamais prétendu écrire l'Histoire. Il a prouvé, en tout cas, la force que peut avoir la bande dessinée quand elle fait oeuvre de témoignage. 

Parole de soldat
© Vanessa Fize


En cette année du centenaire de la première guerre mondiale, Angoulême ne pouvait pas se passer de Tardi, qu'il soit présent ou non. S'il craint les commémorations, parce qu'elles pourraient glorifier par endroits ce qui ne fut que boucherie, il a trouvé ici un juste écho de son message : le conflit fut une folie meurtrière dont furent victimes des millions de "pauvres types" qui n'avaient rien demandé.

Après les combats
© France 3


© France 3


S'il n'est pas présent durant le festival, Jacques Tardi est venu lors du montagne de l'exposition, et France 3 Poitou-Charentes est allée à sa rencontre.

Reportage : Y. Salaün / F. Tabuteau / A. Liegard



L'exposition "Tardi et la grande guerre" est ouverte au public jusqu'au 2 février 2014.
Casterman vient de rééditer l'intégrale de "Putain de guerre" en un seul volume.