Street Art : Zevs prend d'assaut le château de Vincennes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/09/2016 à 18H59
Zevs à Vincennes

Zevs à Vincennes

© Bertrand Guay

Il s'en prenait aux murs, puis aux logos des marques, c'est désormais au château de Vincennes que l'artiste Zevs (prononcer Zeus) s'attaque vendredi, dans une exposition où il s'amuse à faire ricocher patrimoine et art contemporain.

Une machine à presser la monnaie dans la salle du Trésor, un graffiti lumineux dans une meurtrière ou un buste de Louis XIV partiellement fondu pour refaire le portrait du Roi-Soleil font partie des vingt-quatre oeuvres créés ou réaménagées pour cette exposition aux faux airs de rétrospective.
Un buste de Louis XIV partiellement fondu

Un buste de Louis XIV partiellement fondu

© Bertrand Guay/AFP

Le Français de 38 ans, issu de la scène graffiti, a été séduit par l'idée de jouer avec les lieux et de "travailler sur des vieilles pierres" avec l'appui du Centre des monuments nationaux (CMN), qui avait invité le "photograffeur" JR au Panthéon en 2014.

Zevs n'hésite pas ainsi à investir la Sainte-Chapelle du château avec une sculpture géante sur laquelle est inscrite "The End", à la manière d'un générique de film. Y sont projetées des images de chaînes d'information du monde entier.

Amateur de détournement, il expose une série de graffs conceptuels qui ont fait son succès, les "graffitis propres" réalisés au karcher sur des surfaces grisâtres. "Si on veut le nettoyer, il faut nettoyer le mur dans son ensemble", développe Zevs, qui a commencé sa carrière dans les années 1990. C'est d'ailleurs en graffant dans un tunnel où il failli se faire écraser qu'il a trouvé son nom d'artiste, Zeus étant le nom de la rame du RER impliquée, raconte-t-il.

L'exposition revient également sur le travail de "liquidation" des marques par l'artiste, avec un logo Ferrari dégoulinant ou une Joconde tout sourire derrière un sac griffé "LDV" (comme Léonard de Vinci). "Je me sers des marques comme un peintre avec sa palette", souligne-t-il, refusant toutefois l'étiquette d'artiste "contestataire".

Maîtrisant l'art du happening, il a fait parler de lui en 2002 en volant une image publicitaire d'une célèbre marque de café italien. Il a ensuite demandé une rançon et menacé d'exécuter l'otage. Trois ans de négociation s'ensuivront jusqu'à une cérémonie finale au palais de Tokyo avec la remise d'un chèque. Simulacre ou "happy end" artistique ? Dans tous les cas, l'ancienne otage de ce "kidnapping visuel" sera au
rendez-vous à Vincennes.