Une expo Speedy Graphito à Parly : plus de 30 ans de street-art dans le rétro

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/09/2017 à 10H17, publié le 04/09/2017 à 16H40
Speedy Graphito dans son studio à Paris en 2015. 

Speedy Graphito dans son studio à Paris en 2015. 

© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Speedy Graphito a habillé son premier mur il y a exactement 34 ans ! Jusqu'au 24 septembre à la Métairie Bruyère à Parly, une rétrospective revient sur sa carrière : des premiers murs d'un jeune Parisien de 20 ans, à l'invention et "la mort" de Lapinture, son double artistique.

Son oeil malicieux et sa crête bien qu'un peu clairsemée, sont toujours là. Les images colorées et les figures de la pop culture se côtoient dans des décors psychédéliques. Cette exposition est aussi l'occasion de découvrir "Winner" la plus grande lithographie qu'il ait jamais réalisé.

Entre comics et réseaux sociaux

"Winner" est le parfait exemple du monde de Speedy Graphito, un univers où plusieurs éléments de pop-culture s'entrechoquent. Sur ce dessin, on retrouve Thor armé de marteau en forme de dé, mais aussi le plus connu de tous les plombiers moustachus : Mario Bros. Très marqué par les comics, l'artiste s'inspire aussi de l'actualité. Sur cette toile, on retrouve plus discrètement l'oiseau de Twitter, ou encore le symbole du Bit-coin, cette monnaie numérique qui fait tant débat. 

Reportage France 3 Bourgogne S. Kerroux / C. Heudes / R. Nectoux

Le surdoué de la rue

La carrière de Speedy Graphito est celle d'un surdoué de la bombe de peinture. Après des hautes études d'art pour apprendre les techniques, il préfère peindre dans la rue qui lui "offre" de grandes surfaces. Le moyen parfait pour travailler son propre style. Il lui faut à peine un an pour se faire un nom, d'abord avec les pochoirs. En 1989, il est invité par Thierry Ardisson dans l'émission "Lunettes noires pour nuits blanches". On y découvre un jeune "graffiteur" pétri de talent et de confiance en soi.

Une expo Speedy Graphito à Parly : plus de 30 ans de street-art dans le rétro

A partir des années 90, en plein essor du street-art, Speedy Graphito prend le contre-pied de cette culture et se retire de la rue pour peindre en atelier. "D'abord parce que tout le monde se mettait à faire des images dans la rue, je ne voyais pas l'intérêt de surcharger, explique-t-il. Et puis je suis parti vivre à la campagne, où j'ai vécu d'autre choses". A l'écart de ce monde, "plutôt observateur qu'acteur", il se met à utiliser de nouveaux supports comme des planches de bois. 

"Lapinture", son enfant et son double

Comment parler de Speedy Graphito sans son double "Lapinture" ? Cet espèce de lapin, bien plus qu'un personnage, devient la figure emblématique de son travail. Parfois même, il vient remplacer la signature de l'artiste sur ses fresques. 
"Lapeinture" est aussi passé par les murs de Paris.

"Lapeinture" est aussi passé par les murs de Paris.

© DR

Déjà, j'aime le langage et les mots. Symboliser la peinture en un personnage physique, c’est une idée qui me plaît. C'est un personnage avec lequel je suis marié à vie. En lui donnant une forme humaine, et en le faisant figurer dans mes peintures, ça me permet de parler de la relation que je peux avoir avec l'art, mon travail et tout ce qui concerne le milieu artistique.

Speedy Graphito

Une expo Speedy Graphito à Parly : plus de 30 ans de street-art dans le rétro

Le monde de Speedy Graphito est en perpétuel renouvellement. Si bien qu'il multiplie les supports de son oeuvre. Il s'est ainsi initié à la sculpture, la gravure et aux arts numériques. Ses débuts plutôt punk ne sont jamais bien loin tant il aime jouer avec les conventions. Aujourd'hui, il se questionne sur la société qui l'entoure, un lieu inondé de publicité et de symboles. Mais aussi sur le milieu artistique contre lequel il ne peut se battre : "Je ne vais pas lutter contre le marché de l'art, il est plus fort que moi. Mais je vais m'en servir comme inspiration pour faire passer mes idées." C'est comme ça qu'il a habillé la Joconde avec le personnage de cartoon Bob l'Eponge. Un moyen de dire que "l'art n'est qu'une blague."