Mon été à Paris (3/5) : avec le street-artiste C215, balades architecturales et exploration du XIIIe arrondissement

Par @Culturebox
Publié le 19/08/2017 à 10H17
A 43 ans, Christian Guémy est l'un des artistes urbains les plus renommés. Le 10 août 2017 dans son atelier, à Ivry-sur-Seine.

A 43 ans, Christian Guémy est l'un des artistes urbains les plus renommés. Le 10 août 2017 dans son atelier, à Ivry-sur-Seine.

© Elise Koutnouyan / Culturebox

Série d’été (3/5) : pendant le mois d’août, Culturebox va à la rencontre d’artistes pour parler de leurs activités d’été à Paris. Expos, concerts, théâtre, ils racontent tout de cette saison si particulière. Troisième rencontre avec Christian Guémy, alias C215, street-artiste et pochoiriste, dont l’exposition Athlètes se tient à la Mairie du 13e arrondissement jusqu'au 16 septembre 2017.

Depuis la terrasse de son atelier-studio, à Ivry-sur-Seine, Christian Guémy, alias C215, peut contempler la ligne de gratte-ciels du XIIIe arrondissement. À l’est, les rails de la SNCF conduisent à la gare d’Austerlitz. À l’ouest, des bâtiments industriels au charme si urbain. Cette vue, C215 ne s’en lasse pas : pour le pochoiriste, l’été à Paris se vit dans son arrondissement fétiche, le XIIIe.
 

Déambuler dans le XIIIe

"Je suis toujours à Chinatown ! Pour les restaurants, bien sûr, mais aussi parce que le XIIIe est un arrondissement très riche : entre La Butte aux Cailles, Campo Formio, les rives de Seine… C’est un quartier en effervescence. J’y passe le plus clair de mon temps."

C’est aussi à quelques mètres de là, place d’Italie, que se tient dans les murs de la Mairie son exposition, Athlètes, dans le cadre de la candidature de Paris aux JO de 2024. 40 portraits de sportifs et un parcours hors-les-murs sur les équipements sportifs du XIIIe.
 

Athlète, Christan Guémy ? Pas vraiment. Il est plutôt du genre scooter. Profitant des avenues vides et des places disponibles ("on peut se garer sans tourner deux heures"), C215 déambule avec sa chienne Lili : Parc Montsouris, Quais de Seine, Place d’Italie, musée d’Orsay… "Le fait que Paris soit vide, ça permet enfin d’apprécier la ville : d’être touriste dans sa ville, en fait !"

Sortir du rythme des commandes

Lorsqu’il n’est pas au restaurant Au Délice de Confucius ("les meilleurs raviolis de Paris") ou en train de bruncher à L’Age d’Or, Christan Guémy profite du calme aoûtien pour rafraîchir quelques unes de ses oeuvres, comme récemment Boulevard Vincent Auriol ou sur des boitiers EDF des quais de Seine : "C’est le moment où tous mes galeristes sont en vacances donc on me fout un peu la paix ! Pour moi, les vacances sont synonymes de ralentissement du rythme. Ca me permet de travailler sur des projets moins liés aux contraintes de délais ou de commandes."

Des visages, des animaux, au pochoir, entourés de couleurs. Le style de C215 est reconnaissable entre tous. Dans son XIIIe adoré, plusieurs de ses innombrables fresques sont visibles, au détour des rues. Comme ce chat de profil sur fond bleu ciel à l’angle du boulevard Vincent Auriol (numéro 141) et la rue Nationale, peint en 2013.
Le chat de C215, Boulevard Auriol, Paris 13e

Le chat de C215, Boulevard Auriol, Paris 13e

© C215
Pour l’artiste globe-trotter, la capitale continue à occuper une place à part : "Paradoxalement, Paris est une ville à la fois inspirante et saturée d’art. L’art urbain est totalement établi à Paris. C’est donc plutôt de l’émulation que de l’inspiration : il se passe tellement de choses qu’on est obligé de maintenir sa créativité, de développer des projets de plus en plus élaborés", analyse-t-il.

Redécouvrir le Paris architectural

Fan d’architecture, Christan Guémy ne se lasse pas de la richesse de la capitale dans ce domaine : "Chaque quartier s’est élevé à une période donnée. C’est comme un colimaçon : si on veut voir la période 1830, il faut aller à Grands Boulevards. Pour la période Louis XIII, c’est la place des Vosges. Louis XIV : plutôt le Haut Marais… Chaque période a eu son bâti et actuellement, c’est le XIIIe arrondissement", décrit-il avec enthousiasme.

Depuis ses études en histoire de l'art, il affectionne particulièrement les églises Saint-Gervais-Saint-Protais, Saint-Louis-des-Jésuites (Saint-Paul-Saint-Louis) et le Temple du Marais (ancien couvent de La Visitation) : "C’est l’histoire du XVIIe siècle en architecture religieuse. Ce sont les premières façades à superposition de colonnes. Près de l’Hôtel de Ville, ce sont aussi les premiers quartiers bâtis de pierre. Moi, ça m’émeut beaucoup de voir la naissance du Paris d’aujourd’hui, le Paris durable."