Le street art de la rue aux salles des ventes : des graffs qui valent de l'or

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/12/2015 à 17H33
Une oeuvre de JoeOne vendue chez Artcurial 

Une oeuvre de JoeOne vendue chez Artcurial 

© France 3 Ile-de-France

Né dans les années 60 aux Etats-Unis, le street art, ou art urbain, est comme son nom l'indique une création artistique réalisée dans la rue. Mais aujourd'hui, sa cote explose sur le marché de l'art contemporain et les oeuvres des plus célèbres graffeurs se retrouvent dans les galeries et les salles de ventes aux enchères.

Reportage : Pascale Sorgues et Laure Bignalet 

Ils s'appellent Banksy, JonOne ou Dondi White. Comme Keith Haring ou Jean-Michel Basquiat, ils ont tous commencé à peindre leurs graffitis sur des murs ou des trains. Depuis quelques années, leurs oeuvres sont très recherchées par les collectionneurs. On les retrouve donc plus souvent dans les galeries d'art que dans la rue. Et leur cote a tellement grimpé sur le marché de l'art qu'elles valent désormais des milliers, voire des millions d'euros. 

Un courant à part entière de l'art contemporain

La célèbre maison de vente aux enchères Artcurial a même créé un département "art urbain", sous l'impulsion du commissaire-priseur et spécialiste en art contemporain Arnaud Oliveux. Les premières ventes de street art remontent à 2006 et depuis, le succès est au rendez-vous. Artcurial est devenu un des pionniers de ce courant artistique. Chaque année, la vente consacrée à ce domaine est un événement incontournable pour les collectionneurs et les amateurs d'art. L'art urbain est ainsi devenu un courant à part entière de l'art contemporain, comme l'atteste la vente qui s'est déroulée le 27 octobre dernier. La prochaine aura lieu le 16 février 2016. 

Des galeries spécialisées

Certaines galeries sont également spécialisées dans le street art, comme Itinerrance, dans le 13ème arrondissement de Paris. Elle présente les oeuvres d'artistes du monde entier. Certains d'entre eux viennent même réaliser des créations sur place, comme le Français Brusk, diplômé de l'école des Beaux-Arts de Saint-Etienne. 

Brusk en plein travail à la galerie Itinerrance

Brusk en plein travail à la galerie Itinerrance

© France 3 Ile-de-France

Un certificat contre le vol 

L'un des grands problèmes des street artistes est le vol de leurs oeuvres lorsque celles-ci sont réalisées dans l'espace public. On ne compte plus les briques, les carreaux ou les portes arrachées pour s'approprier la création d'un graffeur qui a la cote. Aussi, un systéme d'authentification appelé "pest control" a été mis en place. Sans ce certificat, la plupart des galeries et des salles de ventes refusent de mettre les oeuvres en vente.  

Une oeuvre de Banksy à Calais

Une oeuvre de Banksy à Calais

© STEPHANIE LECOCQ/EPA/MaxPPP

Le mystérieux Banksy, dont on ignore l'identité, est originaire de Bristol, en Angleterre. Il a notamment beaucoup fait parler de lui en créant des oeuvres sur les murs de la "Jungle", à Calais. Son parc d'attractions anti-Disney, Dismaland, a également fait couler beaucoup d'encre. Créé dans une cité balnéaire proche de Bristol, il a été détruit il y a quelques mois et l'artiste a décidé d'envoyer tous les accessoires et les morceaux de bois du parc à Calais pour permettre de construire des abris aux migrants.