Jugée anti-police, une œuvre de street art fait polémique à Grenoble

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 27/06/2016 à 09H51
Une passante observe l'œuvre de street art de l'artiste Goin, le 27 juin 2016 à Grenoble

Une passante observe l'œuvre de street art de l'artiste Goin, le 27 juin 2016 à Grenoble

© Philippes Desmazes / AFP

Une fresque peinte sur un mur de Grenoble, représentant une Marianne matraquée par deux policiers, a suscité dimanche une polémique d'autant plus vive que l'œuvre a été réalisée dans le cadre d'un festival de street art subventionné par la mairie écologiste.

L'œuvre, due à l'artiste Goin, représente une femme à terre, tenant un drapeau bleu-blanc-rouge effiloché, frappée par deux policiers anti-émeute.

"Je trouve ceci indigne", a réagi le directeur départemental de la sécurité publique, Patrick Mairesse, cité par le quotidien régional Le Dauphine Libéré.

"Quand la collectivité locale finance, sur l'argent des contribuables grenoblois, une fresque réalisée dans le cadre d'un festival subventionné à hauteur de 25.000 euros, à la vue de tous, dans l'espace public, elle est responsable des messages passés. Par respect pour ceux qui nous protègent, il faut effacer immédiatement cette fresque inacceptable dans le contexte", a souligné l'ancienne ministre socialiste Geneviève Fioraso, dont le parti appartient à l'opposition à la municipalité menée par Eric Piolle (EELV).

Pour Debout la France, cette fresque "de la honte" est "abjecte" et doit être retirée immédiatement par la municipalité.

Cazeneuve affiche son "plein soutien aux policiers"

Dans un tweet, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a affiché son "plein soutien aux policiers qui protègent chaque jour les Grenoblois" et a estimé que ces derniers attendaient du maire "qu'il leur dise ses regrets".

"L'art crée du débat, de la polémique", plaide la mairie

"Nous, en tant que politiques, on s'interdit de vouloir gérer la création artistique", a-t-on répliqué au cabinet du maire, où on relève le "grand succès" du Grenoble Street Art Fest. "On comprend la réaction de la police et d'autres, mais ça reste une œuvre d'art et l'art peut être subversif", fait-on valoir.

"L'art a vocation à créer du débat, voire de la polémique", a-t-on ajouté, avant que le ministre eut fait connaître ses demandes. Le responsable a précisé que la fresque contestée avait été réalisée sur un mur du quartier de la gare qui doit être détruit "dans les jours ou les semaines qui viennent" dans le cadre de travaux programmés.