En Syrie, une "peinture murale" faite d'objets recyclés décroche un record

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 31/03/2014 à 20H14
L'immense fresque murale de Moaffak Makhoul dans le quartier Mazzé de Damas, le 31 mars 2014.

L'immense fresque murale de Moaffak Makhoul dans le quartier Mazzé de Damas, le 31 mars 2014.

© Louai Beshara / AFP

Alors que les violences ravagent la Syrie depuis trois ans, l'artiste syrien Moaffak Makhoul a réussi à réaliser à Damas une immense "peinture murale" faite entièrement à partir de déchets et rebuts. Le Guinness des records vient de lui décerner le prix de "la plus grande peinture murale faite de matières recyclées".

"La plus grande 'peinture murale' faite de matières recyclées mesure 720 mètres carrés, et elle est réalisée par Moaffak Makhoul et une équipe de six artistes (et professeurs d'art) dans le quartier de Mazzé à Damas", a indiqué le Guinness des records sur sa page Facebook, précisant que le travail a été achevé en janvier.
"Nous avons entamé le travail en octobre dernier", raconte Makhoul à l'AFP affirmant avoir eu "besoin, dans le climat actuel, d'offrir quelque chose à la patrie, de faire connaître le peuple syrien qui aime la beauté, la vie et la nature".
 
Le mur est fait à partir de pièces recyclées de voitures, de vélos, d'ustensiles de cuisine, de tuyaux, de cannettes de boissons, de céramique et de miroirs. "C'est le premier record Guinness pour un mur artistique fait à partir de déchets", indique Makhoul.

Le mur donne sur l'autoroute de Mazzé, dans le centre de la capitale, que traversent quotidiennement des centaines de passants et de voitures.
Moaffak Makhoul devant sa gigantesque fresque murale à Damas, le 31 mars 2014.

Moaffak Makhoul devant sa gigantesque fresque murale à Damas, le 31 mars 2014.

© Louai Beshara / AFP
"Redonner de l'espoir à Damas blessé"
"Le mur redonne de l'espoir. Damas est blessé et triste, mais les amoureux viennent se faire photographier près du mur", affirme Souheil Amayri, un des professeurs ayant participé à l'oeuvre. "Créer de belles choses à partir d'ordures signifie que nous pouvons tout reconstruire malgré les destructions", dit-il.
 
"C'est un simple message visant à revêtir la rue de couleurs. Cela émeut les gens", a déclaré pour sa part l'artiste Rajaa Wabi. "Les couleurs apportent de la joie et cet ouvrage a fait sortir l'art dans la rue, attirant les gens de toutes les catégories", explique-t-elle.

"L'ouvrage les a réunis", ajoute Rajaa. "Des femmes au foyer ont apporté des déchets domestiques et beaucoup de personnes venant de zones de guerre ont remis les clés ou des objets de leurs maisons, ajoutant un côté humain au tableau".
Les six artisans de la fresque murale de Damas en objets recyclés, le 31 mars 2014.

Les six artisans de la fresque murale de Damas en objets recyclés, le 31 mars 2014.

© Louai Beshara / AFP