Appel au financement participatif pour sauver une fresque d'Ernest Pignon Ernest

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/04/2016 à 15H13
La fresque d'Ernest Pignon Ernest observée par le directeur de "Spacejunk"

La fresque d'Ernest Pignon Ernest observée par le directeur de "Spacejunk"

© France3/Culturebox

L’association "Spacejunk" a lancé une campagne de financement participatif pour sauver la fresque créée par Ernest Pignon Ernest en 1979 à la Bourse du Travail de Grenoble. C'est l'une des plus anciennes fresques murales de cet artiste plasticien avant-gardiste et engagé, considéré comme l’un des pères fondateurs du Street Art. Le financement participatif sera fermé le 21 mai 2016.

Cette fresque est le fruit du travail d'Ernest Pignon Ernest sur les murs de la Bourse du Travail en plein coeur du quartier Villeneuve. Après plusieurs mois passés à Grenoble dans les années 70, l'artiste a collecté assez d'informations et d'histoires auprès des habitants pour retranscrire sur le béton, les souvenirs rattachés à la ville.

Reportage : M. Michellier / V. Habran / L. Bouchaud

"C'est impossible de faire disparaître tout cela. C'est autant un patrimoine de Mémoire, qu'un patrimoine autour de l'artiste. Il a fait un travail de fou en terme d'affiches qu'il a trouvé dans les archives départementales. Ces dernières traitent du monde du travail, de la société, des combats et des luttes effectués à l'époque par les citoyens", explique Jérôme Catz, directeur artistique du Centre d'Art "Spacejunk"


Une seconde jeunesse 

La fresque est un témoignage des événements grenoblois et aujourd'hui, elle est menacée. Le Centre d'Art "Spacejunk" a donc lancé une campagne de mobilisation auprès du grand public, un financement participatif pour redonner une seconde jeunesse à cette dernière. Une reproduction numérique est même prévue.

Le projet est soutenu par l'artiste lui-même : "C'est une initiative qui me fait plaisir. Ce qui est positif, c'est l'héritage de toutes ces luttes. Les faire réapparaître sur le mur est tout à fait légitime et justifié", confie Ernest Pignon Ernest. 

Un projet de sauvegarde  

50 000 euros sont nécessaires pour restaurer la fresque. Chaque participant a le droit à une contrepartie : des sérigraphies signées par l'artiste et évaluées à 2000 euros sont la récompense des plus généreux. La campagne est ouverte jusqu'au 21 mai prochain. Une occasion en or de remettre en lumière les combats d'hier, pour éclairer ceux d'aujourd'hui...

 Vernissage d'Ernest Pignon Ernest à l'Encan, La Rochelle, le 2 juin 2010

 Vernissage d'Ernest Pignon Ernest à l'Encan, La Rochelle, le 2 juin 2010

© PHOTOPQR/SUD OUEST

Qui est Ernest Pignon Ernest ?


Avant son intervention contre le jumelage de Nice avec Le Cap en 1974, Ernest Pignon-Ernest a joué un rôle important dans la campagne "Artistes du monde" contre l'Apartheid. Parti en 2001 pour Johannesburg avec l'intention d'y mener un projet, il change ses plans artistiques en découvrant sur place la gravité de la propagation du sida.

Après de nombreuses rencontres dans les hôpitaux, les dispensaires et les crèches, Pignon-Ernest a élaboré une image faisant un parallèle entre la lutte contre le sida et celle contre l'Apartheid, en se référant à la photographie de Sam Nzima, représentant un homme portant le corps d'Hector Pieterson, un écolier tué pendant les émeutes de Soweto. Sérigraphiée sur place à plusieurs centaines d'exemplaires, il colle cette dernière sur les murs des quartiers particulièrement touchés de Warwick à Durban et de Kliptown à Soweto.
 

"Pasolini Pieta" par Ernest Pignon Ernest vu à Rome en juin 2015 dans le restaurant préféré du cinéaste. Il s'agit du réalisateur représenté vivant et mort. 

"Pasolini Pieta" par Ernest Pignon Ernest vu à Rome en juin 2015 dans le restaurant préféré du cinéaste. Il s'agit du réalisateur représenté vivant et mort. 

© ALBERTO PIZZOLI / AFP

 

Lien vers le KissKissBankBank de l'opération sauvetage de la fresque d'Ernest Pignon Ernest