Venus couvertes au musée du Capitole : Rohani n'aurait rien demandé à l'Italie

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 26/01/2016 à 18H35
Ce que le président iranien n'a pas vu au Musée du Capitole

Ce que le président iranien n'a pas vu au Musée du Capitole

© Filippo Monteforte

Lors de sa visite au musée du Capitole de Rome lundi soir, le président iranien Hassan Rohani n'aura vu aucune des statues dénudées, cachées par des paravents, un choix qui provoque la polémique dans la péninsule. Le président iranien Hassan Rohani a assuré mercredi n'avoir fait aucune demande auprès de ses hôtes italiens.

Selon le quotidien Corriere della Sera citant des sources au sein de la délégation iranienne, les Vénus et autres nus n'ont pas obtenu l'aval d'une inspection préalable, et la mairie de Rome a accepté de les dissimuler.

En accueillant son hôte lundi dans ce site prestigieux, où de nombreux accords portant sur des milliards de dollars ont été signés, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi avait mis l'accent sur la richesse historique des deux pays, assurant qu'ils avaient en commun d'être "deux superpuissances de la beauté et de la culture".
Le président iranien Hassan Rouhani et le Pape le 26 janvier 2016

Le président iranien Hassan Rouhani et le Pape le 26 janvier 2016

© Pool iranien presidency/AFP

Pas de nus, pas de vin

Et en plus d'avoir couvert ses statues, l'Italie a aussi accepté de bannir le vin de son protocole, le temps d'un déjeuner avec le président de la République, Sergio Matterella, et d'un dîner avec M. Renzi.

Le parti anti-euro et anti-immigrés de la Ligue du Nord a dénoncé un "énième acte de soumission à une culture qui ne nous appartient pas (...). Le gouvernement semble avoir honte de nos racines et de notre histoire (...). Faut-il mettre le hijab aussi aux oeuvres d'art au nom de l'intégration ?".

Cette indignation a cependant fait sourire les Radicaux: "En juin de l'année dernière (et non pas au siècle dernier), il y a seulement sept mois, toujours +par respect+, les affiches de l'exposition de (la peintre polonaise art déco, ndlr) Tamara de Lempicka ont été couvertes pour la visite du pape dans notre ville laïque (si l'on peut dire) de Turin. Personne ne s'en était scandalisé".

Rohani dit n'avoir rien demandé

C'est bien une question de journalistes ça", a-t-il d'abord affirmé, avec un sourire, lors d'une rencontre avec la presse étrangère à son hôtel mercredi matin.

"Là dessus, je n'ai rien à dire", a-t-il poursuivi, avant de préciser "n'avoir eu aucun contact à ce sujet" au préalable avec les autorités italiennes.

"Mais, a ajouté M. Rohani mercredi matin, je sais que les Italiens sont très hospitaliers, un peuple qui cherche à rendre le séjour de ses invités le plus agréable possible et je les en remercie pour cela".    

Réaction du ministre italien de la culture : "incompréhensible" de couvrir les statues"

Interrogé au sujet des paravents, alors qu'il accompagnait M. Rohani au Colisée, le ministre italien de la Culture, Dario Franceschini, a estimé qu'il était "incompréhensible" de couvrir les statues.

"Je pense qu'il y aurait eu d'autres façons de ne pas aller contre la sensibilité d'un hôte étranger aussi important", a-t-il estimé, assurant que ni lui ni le chef du gouvernement, Matteo Renzi, n'avaient "été informés" de la démarche.

Excès de zèle du bureau de l'Etat en charge du protocole ?

Selon les journaux italiens mercredi, "l'excès de zèle" serait à mettre au crédit du bureau de l'Etat en charge du protocole lors de l'accueil des hôtes étrangers. Ce bureau dépend de la présidence du Conseil mais agit de manière autonome.