Une artiste représentant son vagin condamnée au Japon

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/05/2016 à 12H21
Megumi Iragashi, artiste japonaise condamnée pour "obscénité"

Megumi Iragashi, artiste japonaise condamnée pour "obscénité"

© YOSHIKAZU TSUNO / AFP

Une artiste japonaise qui fabrique des objets inspirés par la forme de son vagin a été reconnue coupable d'obscénité lundi au Japon après un procès médiatisé dont l'issue pourrait soulever des accusations de censure.

Le tribunal du district de Tokyo a infligé à Megumi Igarashi, 44 ans, une amende de 400.000 yens (3.280 euros), une somme cependant moitié moindre que celle requise. Mme Igarashi avait été arrêtée en juillet 2014 pour avoir essayé de lever des fonds en ligne afin de financer la construction d'un kayak de la forme de cette partie de ses organes génitaux, dont elle avait diffusé une image 3D codée afin que les utilisateurs puissent en faire des copies.
Megumi Igarashi, avril 2015

Megumi Igarashi, avril 2015

© YOSHIKAZU TSUNO / AFP
Au Japon, pays dont le marché florissant de la pornographie pèse des milliards d'euros, certaines représentations d'organes génitaux sont interdites. Megumi Igarashi, qui se fait appeler Rokude Nashiko, "l'enfant bonne à rien", avait été libérée quelques jours plus tard après s'être pourvue en appel et à la suite d'une pétition de milliers de personnes demandant sa libération.

"Je suis innocente, je me battrai jusqu'au bout"

Mais, des mois plus tard, la police de Tokyo l'avait à nouveau arrêtée pour diffusion de matériaux "obscènes" : elle avait exposé des sculptures de plâtre, toujours inspirées du même organe, et avait envoyé et vendu des CD-ROM comportant les données informatiques nécessaires à la fabrication du moule. Elle a été reconnue coupable de ces faits lundi.

Megumi Igarashi et ses partisans ont tourné ce procès en dérision. "Je suis innocente, je me battrai jusqu'au bout", a déclaré la prévenue lors d'une conférence de presse lundi, annonçant son intention de "faire appel" du jugement.

La prospère industrie du sexe au Japon répond à tous les goûts imaginables mais de strictes lois contre l'obscénité empêchent par exemple la représentation photographiée ou filmée d'organes sexuels, qui apparaissent généralement floutés ou masqués.

Mais des images d'organes génitaux masculins ou féminins sont néanmoins visibles à travers le pays. Le mois dernier, des festivaliers brandissant des statues géantes de phallus ont défilé comme tous les ans dans les rues de Kawasaki, près de Tokyo, pour rendre hommage à la fertilité.