L'ancien hôpital pour malades de la peste accueillera la Pietà Rondanini de Michel-Ange

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/04/2015 à 18H56
Détail de la Pietà Rondanini de Michel-Ange

Détail de la Pietà Rondanini de Michel-Ange

© NOCENTI/OLYMPIA/SIPA

La Pietà Rondanini, dernière sculpture du maître Michel-Ange à laquelle il travailla jusqu'à la fin de ses jours, a été transférée dans un nouveau musée de Milan créé à son intention, dans un ancien hôpital où étaient soignés des soldats victimes de la peste au XVIe siècle.

La statue de marbre blanc, restée inachevée à la mort de l'artiste à Rome en 1564 et haute d'environ deux mètres, se trouvait depuis 1956 dans une autre partie du château Castello Sforzesco, situé dans le centre historique de Milan et qui compte plusieurs musées dans son enceinte.

Elle sera désormais la seule oeuvre du nouveau musée de la Pietà Rondanini, lequel sera formellement inauguré le 2 mai prochain, au lendemain de l'ouverture de l'Exposition universelle de Milan, ont indiqué les représentants de la mairie lors d'une conférence de presse.

Le site choisi est une salle du château restaurée pour l'occasion dans un ancien hôpital espagnol, où étaient accueillis des soldats atteints de la peste dans la deuxième moitié du XVIè siècle, au plafond et aux murs ornés de fresques. "Un lieu de grande souffrance, adapté pour accueillir une sculpture qui exprime le sentiment intense de la douleur maternelle", a commenté l'architecte italien Michele de Lucchi, qui a signé l'installation de la sculpture. Le parquet de la salle est en bois clair et la lumière a été conçue de façon à éviter les ombres, a expliqué M. de Lucchi.

"Icône de l'art mondial"

L'oeuvre fut retrouvée au logis romain de l'artiste à sa mort, puis sa trace se perdit jusqu'en 1807, date à laquelle elle réapparut dans le palais milanais du marquis Rondinini (ou Rondanini), qui lui laissa son nom. La ville de Milan, qui en devint propriétaire en 1952, l'exposait jusqu'ici dans une autre salle.

Ce nouveau lieu "change complètement la perception de cette icône de l'art mondial et valorise la puissance poignante de l'oeuvre à laquelle Michel-Ange a travaillé jusque dans les derniers jours de sa vie", notent les adjoints au maire Filippo del Corno et Maria Carmela Rozza dans un communiqué. Elle est "l'expression de la force créatrice et de la tourmente intellectuelle qui accompagnèrent la fin de vie de l'artiste", selon eux.

La préparation de ce transfert, fruit d'un partenariat public-privé, a pris trois ans, et représente un exploit technique "sans précédent", a déclaré Claudio Salsi, directeur de la surintendance du château. La statue, pour être protégée des vibrations du métro et des risques sismiques, a été juchée sur une plate-forme isolante testée en laboratoire à l'aide d'une réplique de la statue.