Rachid Khimoune et ses enfants du monde

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/10/2011 à 17H16
Rachid Khimoune et ses enfants du monde

Rachid Khimoune et ses enfants du monde

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L'installation de Rachid Khimoune "Les enfants du monde, 21 sculptures en bronze" a été présentée pour la première fois à Shangaï lors de l'exposition universelle 2010. L'orangerie du château de Saint-Lubin-des-Joncherets accueille, jusqu'au 16 octobre 2011, huit de ces sculptures consacrées à l'enfance mais également diverses oeuvres de cet artiste.

Pour ce travail destiné à sensibiliser sur la question des droits de l'enfant, le sculpteur est descendu dans la rue à Paris, à Berlin, mais aussi à Marrakech, à Rio, à Hangzhou, à New Delhi, au Caire (...) à même le trottoir, là où vivent les enfants,  afin de réaliser des moulages d'empreintes urbaines : bitumes fracturés, pavés ou plaques d'égouts.

Ces empreintes de rues ont ensuite été utilisées dans chacune des 21 sculptures. Derrière le caractère banal d'une plaque d'égout, l'artiste révèle des détails qui donnent un autre relief à ces moulages. En Suisse, la plaque de fonte porte les inscriptions "Police et Justice". Celles de Sidi Bou Said en Tunisie révèlent qu'elles ont été fondues en France, de même certaines plaques de New Delhi sont estampillées "London". A Berlin Est, les plaques d'égouts arborent encore les insignes de l'ancien occupant : compas, marteau, étoile. A Paris, au pied de l'Opéra Garnier, la plaque d'accès au réseau sous-terrain est gravée de la lyre stylisée dessinée par le célèbre architecte.

La fabrication de ces moulages urbains réalisés in-situ a conduit plusieurs fois l'artiste à vivre des scènes fantasques. A Londres, les habitants du voisinage lui offre le thé et des gâteaux pour l'aider à lutter contre le froid le temps de la réalisation du moulage. Au Caire, il manque de se faire piétiner, lui et son moulage, par le flot humain qui se déverse, chaque matin, dans la capitale égyptienne. A New-York, prévenus par des passants qu'un type louche s'intéresse aux bouches d'égouts, les policiers tentent de l'embarquer. A Saint Pétersbourg, d'autres policiers l'observent et viennent lui apprendre après coup qu'il effectuait son moulage sous les fenêtres du KGB.

Rachid Khimoune n'est pas le premier artiste à se pencher sur ces éléments urbains que sont les plaques d'égouts, aux formes souvent très stylisées et criblées d'informations pour qui sait y donner un sens et y voir une forme de poésie moderne, le peintre et graveur belge Pierre Alechinsky a ainsi dès le début des années 80 intégré des estampages de mobiliers urbains dans ses dessins à l'encre, jusqu'à faire de cette forme ronde et symbolique un élément central de son oeuvre, donnant à la plaque d'égout la dimension d'un sceau universel.