Ousmane Sow premier Africain à l'Académie des Beaux-Arts

Par @valerieoddos Journaliste, responsable de la rubrique Expositions de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/12/2013 à 12H07
Ousmane Sow, "Nouba debout" et "Couple de lutteurs corps à corps" aux Fonderies de Coubertin

Ousmane Sow, "Nouba debout" et "Couple de lutteurs corps à corps" aux Fonderies de Coubertin

© Béatrice Soulé / Roger Viollet / ADAGP

Premier Africain à entrer à l’Académie des Beaux-Arts, Ousmane Sow sera installé sous la coupole cet après-midi. Le sculpteur sénégalais, âgé de 78 ans, avait été élu à l’unanimité le 11 avril 2012.

Ousmane Sow est connu pour ses grandes sculptures de figures africaines, réalisées dans un mélange de son invention, qu’il garde secret. Il va remplacer le peintre américain Andrew Wyeth, décédé en 2009. Son épée d’académicien lui sera remise par Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie et ancien président du Sénégal.
 
Le pommeau de l’épée a été réalisé par Ousmane Sow et représente un Nouba effectuant un saut, évocation de son propre "saut dans l’inconnu" lorsqu’il a créé la série de sculptures de lutteurs Nouba. Le succès qu’elle a eu lui a permis, à 50 ans, d’abandonner son métier de kinésithérapeute.
 
"C’est un véritable honneur que de représenter aujourd’hui le peuple noir au sein de l’Institut", a déclaré le sculpteur.
Ousmane Sow à Angers en septembre 2010

Ousmane Sow à Angers en septembre 2010

© Laurent Combet / Le Courrier de l'Ouest / PhotoPQR / MAXPPP
 
Les lutteurs Nouba, première série sur les peuples africains
Né à Dakar en 1935, Ousmane Sow sculpte depuis qu’il est petit. Après des études de kiné à Paris, il vit entre le Sénégal et Paris, transformant ses appartements en ateliers de sculpture et détruisant ou abandonnant ses œuvres derrière lui. En 1980, il rentre définitivement au Sénégal et crée ses premières grandes sculptures Nouba (peuple du Sud Soudan).
 
Remarqué en 1987 au Centre culturel français de Dakar, où il présente sa première série de lutteurs, il enchaîne ensuite les expositions : 1989 à la Vieille Charité à Marseille et à Bordeaux, 1992 à la Documenta de Kassel, 1995 au Palazzo Grassi à l’occasion du centenaire de la Biennale de Venise. Son exposition sur le Pont des Arts à Paris, en 1999, avait attiré des millions de visiteurs. Plus récemment, la ville de Besançon lui a consacré l’été dernier une rétrospective.
 
De Little Big Horn aux grands hommes qui l’ont marqué
Après les Noubas, Ousmane Sow a créé plusieurs séries sur les peuples d’Afrique (Masaï, Zoulou, Peul), puis s’est intéressé aux Indiens d’Amérique en imaginant 24 personnages inspirés par la bataille de Little Big Horn. Plus tard, il a fait des bronzes à partir de ses originaux.
 
Il travaille actuellement à une série en hommage aux grandes figures qui ont marqué sa vie (Victor Hugo, le Générale de Gaulle, Nelson Mandela, son père Moctar Sow, Martin Luther King, Mohamed Ali, Gandhi, Toussaint Louverture) et à des petites sculptures Nouba.
 
L'Académie des Beaux-Arts, ainsi dénommée depuis 1803, est une des cinq académies qui forment l'Institut de France par ailleurs constitué de l'Académie française, l'Académie des Sciences, l'Académie des Inscriptions et  Belles-Lettres et l'Académie des Sciences morales et politiques.
 
Elle compte 16 associés étrangers, comme Andrej Wajda, Woody Allen ou Ieoh Ming Pei.
 
Ousmane  Sow y entre trente ans après que Léopold Sédar Senghor (1906-2001), écrivain et premier président du Sénégal (1960-1980), fut le premier Africain à être appelé à siéger à l'Académie française en 1983.