Musée Tatin de Cosse-le-Vivien : "la maison des champs" d'un génie bâtisseur

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/05/2013 à 16H03
Pilliers-totems de Robert Tatin

Pilliers-totems de Robert Tatin

© NICOLAS THIBAUT / PHOTONONSTOP

Robert Tatin, artiste protéiforme qui a marqué de son empreinte la seconde moitié du XXe siècle, fait partie de ces artistes essentiels et pourtant assez méconnus du grand public. Installé depuis 1962 à Cossé-le-Vivien, il érigera jusqu'à sa mort en 1983 une oeuvre monumentale, un environnement d'art où se mêlent peintures et sculptures inclassables. Devenu musée, le lieu respire le mystère ...

On dirait de l'art brut, une sorte de retour à une forme d'art primitive qui fait penser aux scuptures de pierre de la civilisation aztèque. Et pourtant, cette oeuvre monumentale a bien été effectuée par Robert Tatin et s'offre aux yeux des visiteurs comme un véritable testament de l'artiste. Achetée par Tatin en 1962, sa propre maison à Caussé-le-Vivien en Mayenne va servir de base à l'expression de ses multiples talents. Architecte, peintre, sculpteur et céramiste, Robert Tatin a mis toute son énergie dans la construction de son domaine idéal, empreint de nature, carrefour de civilisation entre Orient et Occident. Cette "maison des champs", nom donné par Tatin à ce vaste projet en plein air, coeur battant de l'artiste où la nature et l'art ne font qu'un, est une curiosité à découvrir d'urgence.

Reportage de P-E. Cally, P. Cosset, N. Guilbaud 
La confluence des arts

Contrairement à beaucoup d'idées reçues, Robert Tatin n'est pas un total autodidacte. Tout au long de sa vie, il n'a cessé de suivre des formations dans diverses disciplines artistiques (il a notamment été l'élève du peintre Pierre Charon) pour se perfectionner et apprendre de nouvelles techniques. C'est en mélangeant les arts plastiques et le domaine architectural qu'il a pu créer cette oeuvre somme. Venant d'un milieu populaire, l'artiste a d'abord un rapport à la terre et à l'environnement, loin de toute théorisation, ce qui donne à son travail cet aspect brut, libéré du carcan des conventions.

Pour autant, Tatin va être influencé par la rencontre avec les grands artistes et hommes de lettres de l'après guerre comme Dubuffet, Breton, Prévert, Cocteau ou Péret. Son oeuvre porte en elle une certaine poésie du monde, et émeut avant tout parce qu'elle raconte une histoire, celle de l'Art lui-même.

Tatin le bâtisseur

Avant de devenir artiste, Tatin a été compagnon charpentier. Il va donc tout naturellement cultiver ses capacités de "bâtisseur" pour donner à son oeuvre en plein air un aspect monumental. A l'ingéniosité des formes s'ajoute l'expérience gagnée lors de ses multiples voyages à travers le globe. On pourrait qualifier Tatin de "redécouvreur" puisqu'il a eu l'idée de revenir aux racines du monde en intégrant les mythes et légendes occidentales et orientales au coeur de son art. Entremêlant les civilisations, l'artiste crée des associations étonnantes qui ne cessent de dérouter le visiteur et déploie un univers onirique, épique et symbolique qui relie tous les hommes. 
Henri de Toulouse Lautrec vu par Robert Tatin

Henri de Toulouse Lautrec vu par Robert Tatin

© NICOLAS THIBAUT / PHOTONONSTOP
C'est en 1950, lors de ses excursions en Amérique du sud, où il voyage pendant près de 5 ans, qu'il atteindra une notoriété internationale. Véritable vivier pour la création, Tatin découvre les merveilles du Brésil, de l'Argentine, l'Uruguay, le Chili et s'imprègne très fortement de la culture amérindienne. L'oeuvre de Robert Tatin, étrange, paisible et un brin mystique, nous fait voir l'art autrement et offre au spectateur un chemin vers la spiritualité et le rêve. Une belle invitation au voyage.

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